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Marie-Christine Coste-Rixte s'en est allée...

4 Septembre 2019 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #rabasse, #truffes, #occitanie

Adishatz Marie-Christine

 

C’est là-haut à la ferme du Bourlatier, en 2012, que j’ai demandé à Marie-Christine Rixte de traduire mon Secret de la Rabassière en lenga nòstra. Elle a accepté, s’est mise au boulot avec l’aide de Roger Pasturel. Une expérience bilingue partagée qui a vu le jour aux Éditions des Régionalismes en 2013.

Marie-Christine a dévolu sa vie à la défense et à la promotion de la langue et de la culture d’oc à travers l’enseignement, la traduction, l’écriture, le militantisme. Professeur agrégée d’anglais à la retraite, membre de l’IEO (Institut d’Estudis Occitans), de l’AIEO (Association Internationale d’Études Occitanes) et vice-présidente du PEN club de langue d’oc pour la Région Rhône-Alpes, c’est une femme active, très impliquée dans la vie locale.

Native de Valréas, elle vit dans la Drôme à Taulignan, un beau village doté de onze tours. Elle connaît bien Richerenches, ce village cher à Mina, l’héroïne du Secret de la Rabassière. Elle aime écrire comme moi. Je crois qu’elle jouait de l’accordéon. Elle aime son jardin et son indépendance. C’est une grande sensible camouflée sous sa cuirasse.

Elle est rabassière comme moi. Imaginez-vous qu’avec ses deux frangines Simone et Anne-Marie, elles ont écrit Mélanostrum, une chronique rabassière familiale,  sous forme d’abécédaire. On y fait la connaissance de Cadélou, un lipa-biaça qui permet de broyer joyeusement du noir dans la salade et on rentre un peu dans l’intimité de la famille Coste, le nom de jeune fille de Marie-Christine.

Elle a traduit de l’anglais vers l’occitan des poèmes de Seamus Heaney prix nobel de littérature, de l’occitan vers l’anglais les poèmes de Robert Lafont La gacha a la cisterna et du provençal vers le français, la correspondance d’Alfred Bonnefoy-Debaïs félibre de Séderon.

 

C’est là-haut sur la montagne ardéchoise, ce dimanche 1° septembre 2019, toujours au Bourlatier qui fêtait la dixième édition du Salon du Livre que j’ai appris son décès.

— C’était hier son enterrement, m’apprend un exposant…

J’ai là devant moi sa reverirada. Je tremble. Une foule de souvenirs me reviennent, j’ai bien du mal à me mettre dans l’ambiance du salon et à discuter avec les lecteurs. Je m’éloigne un moment, je regarde les vaches alanguies couchées près de leurs rejetons, je regarde les prairies tout en rondeurs qui coulent du gerbier et viennent se lover contre les murs en pierres sombres de la ferme du Bourlatier. Je voudrais une épaule amie pour poser ma tête. Il fait frais. Combien de fois me suis-je dit ces temps dernier : il faudrait que tu téléphones à Marie-Christine… Pourquoi n’ai je pas obéi à ce qui était sûrement une prémonition ? Et qu’est-ce que c’est que ce monde qui se déclare de communication ou tout un chacun apprend la mort de Toni Morrison et pas celle de l’amie proche ?

Adieu Marie-Christine, tu laisses en héritage tes livres et le souvenir de tes nombreuses actions militantes. Je souhaite à ton mari Jean-Claude, à tes côtés depuis très longtemps, de poursuivre l’ouvrage malgré ta terrible absence. À tes enfants, tes petits enfants, tes amis, tes amies, je présente mes condoléances.

Adishatz l’amie.

 

 

Marie-Christine Rixte, Nicole Faucon-Pellet, Roger Pasturel

Marie-Christine Rixte, Nicole Faucon-Pellet, Roger Pasturel

c'était à la Ferme du Bourlatier

c'était à la Ferme du Bourlatier

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