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La Vie en Plus de Georges-Patrick Gleize

9 Avril 2013 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu

La Vie en Plus de Georges-Patrick Gleize

C’est avec un frisson d’émotion que j’ai lu les dernières phrases de La Vie en Plus de Georges-Patrick Gleize. En bonne lectrice que je suis, j’ai eu peur que le traitre arrive à ses fins et que l’honnête soit accusé. Mais non ! Le livre se termine par un message d’espoir qui m’a laissé l’œil humide.

Je dois vous dire que ce roman raconte l’histoire d’un berger, un berger dans l’âme, un vrai, un passionné, et que c’est par ce métier que j’ai commencé ma vie professionnelle. Depuis, je ne peux plus croiser une brebis sans que me revienne à l’esprit des tas de souvenirs : des odeurs de suint, la viscosité de l’agneau nouveau né, les râteliers remplis de fourrage, les gourmandes qui se délectent de glands ou volent un peu de luzerne. Mes sensations intactes sont enfouies là, juste sous mon épiderme.

Raymond Lacombe, le héros de La Vie en Plus est donc berger. C’est un être d’une soixantaine d’années, d’une probité exemplaire, replié sur ses secrets, silencieux, observateur. Il vit chichement selon un rythme biannuel : six mois sur les estives, six mois en bas, dans la vallée. Il habite à Bonnac dans le Couserans, entre Ariège et Comminges. Outre une peine de cœur jamais guérie, il a perdu ses parents fusillés par les allemands et reste à l’écart de toute révolution domestique. Seules ses bêtes et ses chiens l’intéressent.

A la mi-octobre 1969, alors que les palombes s’apprêtent à passer, que les chasseurs s’apprêtent à tirer, l’ours fait sa réapparition et sème la panique. Il tue quelques brebis et Bambou, le labrit, un des trois chiens de Raymond.

Alors, le pastre ferme l’orri et redescend de l’estive avec ses mille six cents bêtes et ses deux chiens : Picard le farou noir et jaune et Tango.

En même temps, Hervé et Christelle, un couple de Parisien achète en Ariège une vieille ferme.

Et puis il y a Vidal, le plus gros éleveur de la région qui s’est enrichi pendant la guerre et entend devenir le seigneur de la vallée. Cet ours, il ne rêve que de le tuer et mettra tout en œuvre pour y parvenir. Il y laissera sa peau.

« Toute sa vie, Vidal avait pressé les citrons pour jeter la peau après en avoir tiré le jus jusqu’à la dernière goutte » écrit l’auteur.

Ou encore : « À cette époque, l’école plaçait encore l’instruction publique au cœur de sa mission, laissant l’éducation à la charge légitime des parents »

Et puis « Le silence faisait du bruit, il avait l’épaisseur de l’histoire ».

La Vie en Plus, c’est très bien écrit, avec des mots justes, un aperçu de cette période trouble de l’après guerre et de la vie sobre d’alors ou l’azinat longuement mijoté faisait le bonheur des estomacs.

Azinat qu’es aco me direz-vous ? Un chou blanchi coupé en morceaux dans l’eau froide, quelques carottes, deux ou trois pomme de terre, un peu de jarret de porc et du coustellou, du plat de côte comme on dit à la ville.

J’ai refermé le livre apaisée : le martin a rejoint sa tute, Raymond s’apprête à remonter sur la montagne avec son nouvel ami Hervé et Vidal a récolté ce qu’il a semé.

Merci Monsieur Gleize pour ce moment de bonheur.

Ces brebis ne sont pas locales. Je les ai photographiées dans le Siné Saloum au marché de Foundiougne au Sénégal. En effet pour s’adapter aux chaleurs excessives la race a perdu progressivement sa laine au profit du poil plus léger !

Ces brebis ne sont pas locales. Je les ai photographiées dans le Siné Saloum au marché de Foundiougne au Sénégal. En effet pour s’adapter aux chaleurs excessives la race a perdu progressivement sa laine au profit du poil plus léger !

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