Mon vrai nom est Élisabeth, d’Adèle Yon
6 Septembre 2025 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu
En 2023, le grand-oncle d’Adèle Yon se suicide, elle trouve dans ses affaires une photo d’identité de son arrière-grand-mère Élisabeth dont les tempes sont marquées de taches sombres : signe d’une lobotomie. Dans la famille, le prénom d’Élisabeth disparait peu à peu au profit de Betsy sans toutefois s’effacer totalement.
Intriguée, Adèle Yon décide de mener l’enquête.
Elle apprend qu’à 23 ans, Élisabeth met le feu au château où son mariage doit avoir lieu. Toutefois, elle épouse son promis, un nommé André, un héros de guerre, polytechnicien autoritaire qui lui fera 6 enfants, donc six accouchements tous suivis d’une psychose puerpérale.
Considérée dès lors par la psychiatrie comme malade, Betsy est soignée par un psychochirurgien. En 1950, sur l’insistance de son mari, elle subit une lobotomie, opération alors en vogue qui consiste à sectionner une portion du cerveau : planter le leucotome dans la substance blanche qui sépare le lobe frontal du thalamus, faire deux trous, un de chaque côté du crâne, glisser une lame à l’intérieur, juste derrière le lobe frontal : c’est fini…
Au moment où Adèle Yon met fin à une relation amoureuse toxique, elle découvre à travers des lettres la violence d’André qui fait interner pendant 17 ans celle que l’on surnomme désormais Betsy, pendant que lui refait sa vie.
À la mode dans les années 1930 à 1950, ces traitements modernes sont censés traiter la schizophrénie, ils n’interviennent pas sur la cause et ne guérissent rien. Ils servent uniquement à réduire les capacités, à isoler socialement les femmes pour qu’elles ne ressentent plus les sentiments négatifs associés à la maladie mentale.
Une autre atrocité en vogue c’est les cures de Sakel : injecter de fortes doses d'insuline pour provoquer un coma hypoglycémique. Privé de sucre, le cerveau, s'éteint temporairement. Il faut alors réanimer les patientes en leur injectant du glucose pour réinitialiser le psychisme, comme on redémarre une machine.
Fort heureusement, ce procédé décline dans les années 1950 avec l’avènement des premiers neuroleptiques. Il est interdit dans de nombreux pays et n'est plus considérée comme une bonne pratique dans la médecine actuelle.
Ce livre, que j’ai choisi de lire au feeling, est sorti en février après avoir été refusé par la plupart des grands éditeurs. Il sera finalement publié par les Éditions du Sous-Sol. Donc, auteurs en recherche de publication : ne vous découragez pas !
C’est à l’occasion de sa thèse qu’Adèle s’est lancée dans l’écriture. Merci à elle pour ce beau travail et cet éclairage sur un passé cruel et pas si ancien.
Suivez-moi
Newsletter
Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés.
Catégories
- 158 j'ai lu
- 157 coup de coeur
- 119 dédicace
- 46 coup de geule
- 15 voyages
- 12 Mauritanie
- 12 Nouveautés
- 9 rabasse
- 8 truffes
- 7 AEAP
- 6 Chinguetti
- 5 Voeux
- 5 occitanie
- 4 biographie
- 3 St Paul Trois Châteaux
- 2 Maaden
- 2 Promenade
- 1 Provence
- 1 courrier lectrices lecteurs
Liens
à propos des photos
/image%2F0031176%2F20250906%2Fob_0ad3a7_capture-d-e-cran-2025-09-06-a-20.png)
