Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
nicole-faucon-pellet.overblog.com

Écrivez-vous franglais ?

31 Mars 2022 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #coup de geule

La langue française menacée de mort par un auteur
Tous les médias s’extasient !

La "Semaine de la langue française et de la francophonie" organisée chaque année en mars offre au grand public l’occasion de fêter notre langue en lui manifestant son attachement et en célébrant sa richesse et sa modernité.

Pendant ce temps, on se fait bouffer par l’anglais, et les intellectuels toutes tendances confondues font l’apologie des auteurs qui abusent des anglicismes.

Je suis une grande lectrice. Je me méfie des Goncourt, je n’ai pas lu le cru 2018. Toutefois après le tintamarre médiatique provoqué par la publication de    Connemara, la curiosité m’a rattrapée. Les quelques premières pages coulent, bien que des Hélène et des Christophe il y en ait partout, même en Ardèche, des problèmes comme dans le grand Est aussi, même en Ardèche. Puis l’auteur abuse des anglicismes, de quoi dégoûter, de quoi arrêter la lecture très vite.

Exemples :

« Hélène se met à produire des slides.  

Dans cette sorte d’incubateur, la multinationale s’efforçait de faire monter en graine le top gun des jeunes diplômés qu’elle avait réussi à attirer.

Un allemand sommaire et un peu de globish.

La réflexion personnelle, à ce stade, n’était pas considérée comme un asset.

De conf calls en kickoffs.

J’ai fini sur un eye roll.

Le petit con lui avait confié une mission de benchmark, histoire de voir ce qui existait dans les autres régions pour accompagner les organismes appelés à fusionner.

Depuis des semaines, tout le monde à la boite bossait donc sous pression et on avait assisté à deux crises de larmes en plein open space.

Un week-end de team building. »

Comme le dénonce un journaliste de la revue Marianne :

« Anglais de bazar, abréviations, faux concepts et vrais euphémismes : la novlangue managériale a, en quarante ans, pollué tout l’espace démocratique. Sous son apparence ésotérique, ce sabir mi- ringard mi- prétentieux est surtout l’expression d’une vision du monde : la gouvernance.

— Encore un siècle de journalisme et tous les mots pueront —, écrivait Nietzsche.

Il n’avait pas anticipé l’arrivée du management, ce cauchemar des années 1980. Depuis, le déluge d’anglais abâtardi issu du langage managérial n’a cessé d’empuantir la langue française : turnover, coworking, deadline, rétroplanning, bottom up, débriefing, brainstorming, overbooké, conf call, empowerment, start-up nation, bankable. Ces quelques échantillons illustrent bien la colonisation de la langue par le vocabulaire managérial : du travail au militantisme en passant par la politique institutionnelle ou la culture.

Dans le roman 1984 de Georges Orwell, le terme — novlangue — désigne une forme de langage construit et totalement artificiel, qui vide certains mots et concepts de leur sens pour empêcher le peuple de raisonner librement ».

Qu’un auteur se permette ce style, je peux l’admettre. Mais qu’un éditeur le publie, je ne comprends pas. Et que l’intelligentsia en vogue fasse l’apologie encore moins ! Nulle part, je n’ai entendu une allusion au style déplorable de Connemara

Problème de génération ?

Impérialisme culturel ?

Vous parlez comme ça vous ?

Qui peux m’expliquer ?

Semaine de la langue française

Semaine de la langue française

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article