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Le Jujubier du Patriarche de Aminata Sow Fall

15 Mars 2014 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu

Aminata Sow Fall, Le Jujubier du Patriarche

Je continue inlassablement ma quête d’informations au sujet du Sénégal avec Le Jujubier du Patriarche.

Des quatre coins de la planète, un monde hétéroclite arrive à Babyselli (qui serait l’inversion de Seylibabi, un village au sud de la Mauritanie. Une grande fête se prépare. Un canal traverse la localité, censé avoir été jadis le berceau du fleuve Natangué.

Yelli est le descendant de Yellimané le héros du Natangué. Sa femme Tacko le houspille, le traite de bon à rien, d’indigne. Yelli n’a pas toujours été un modèle de fidélité, il a collectionné les épouses, ruiné sa famille qui s’est vu contrainte de quitter sa belle villa. Un rien réveille les frustrations de Tacko qui ne supporte pas cette dégringolade. La solitude arrive. Les griots qui encensaient le couple opulent ont tous disparus, sauf Naani.

Tacko et Yelli ont élevé Naarou, une esclave achetée par les ancêtres de Tacko. Naarou assiste à la naissance de ses frères et sœurs d’adoption : Yaye Dialle qui mourra très vite, la jolie Bouri, Idy l’éternel médiocre, et d’autres encore. Naarou épouse Amsata, un jeune instituteur ; Goudi, toujours soigné : moustaches, barbe, voiture et beaux costumes, se marie avec Bouri. Elle découvre vite le vrai caractère de son époux : sa langue incisive comme une piqûre de serpent, et les reproches récurrents qu’il lui fait à propos de sa stérilité. Là-bas l’infertilité est une affaire de femme : soit elle tarée, soit elle porte en elle une malédiction. En revanche si un homme n’arrive pas à perpétuer son nom, c’est parce qu’il a une épouse djinn qui par jalousie rend stérile toutes les autres ! Bouri se plaint à sa mère qui lui rétorque :

— On entend que ce que l’on écoute !

La situation empire et Bourri prononce :

— Je divorce une fois, je divorce deux fois, je divorce trois fois.

La séparation est effective !

Enfourchant le cheval de la jalousie, Tacko insulte Naarou. Yelli se réfugie dans le petit jardin public et enfourche la pirogue du souvenir. Son ami Amath, un libraire « par terre » un étal de publications à même le sol, attend le client. Voyant la mine déconfite de Yelli, Amath lui dit :

— Tu as l’air de quelqu’un qui a faim alors que le déjeuner n’est pas encore digéré !

Idy en vrai bon à rien crée un parti politique : le parti des libéraux travailleurs ! Et Amsata le soutient dans ses rêves. Magatte la griotte est chargée d’acheter l’adhésion de militants. Cette dernière n’a ni la mission, ni la vocation, ni le talent des gens de sa caste, elle n’a qu’un seul objectif : le dieu d’argent, l’argent de la flagornerie, du mensonge, de l’intimidation et d’autres tractations non avouables dont l’accusent avec mépris d’autres griots qui tiennent à la dignité de leur corporation.

Depuis la faillite de Yelli, Naarou a appris à jauger le monde. Elle connaît le mal qui ronge les cœurs, appauvrissent l’esprit et souillent l’âme. Elle sait que les gens ne contemplent plus le beau comme par exemple l’or qui brille dans le cœur de Yelli et répand sur sa figure l’auréole d’une bonté infinie ; ils préfèrent découvrir les poubelles, humer les puanteurs et s’en gaver comme des charognards. Surtout elle désapprouve l’aide de son mari à Idy.

À la page 126, je renonce, complètement perdue dans le foisonnement des personnages : Sadaga, Kantôme, Yellimané, Sarebibi, Tante Salimata, Penda … Des histoires de castes, de chants qui célèbrent la lignée des héros antiques, de guerriers, rendent ma compréhension impossible.

Le Jujubier du patriarche est de très mauvaise construction. J’ai l’impression qu’Aminata Sow Fall a fait un « copié-collé » mal placé. Dommage, le récit est intéressant s’il n’était d’un fouillis inextricable. Je me demande comment l’éditeur du Serpent à Plumes a pu laisser passer un manuscrit aussi confus. Il faut dire que cette maison d’édition a été rachetée par les éditions du Rocher lui même repris par les éditions Privat…

Je vous déconseille Le Jujubier du Patriarche. Toutefois, j’essaierai d’autres titres du même auteur. Affaire à suivre.

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Je vous déconseille Le Jujubier du Patriarche. Toutefois, j’essaierai d’autres titres du même auteur.

Je vous déconseille Le Jujubier du Patriarche. Toutefois, j’essaierai d’autres titres du même auteur.

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