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Marie Sizun, une découverte

25 Décembre 2012 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu

Marie Sizun : encore une découverte !

Il m’est difficile d’écrire et de me discipliner quand tellement d’auteurs passionnants m’offrent leur prose ! Comment voulez-vous que je travaille sur mes propres manuscrits, quand dehors le temps est maussade, que la cheminée flambe et que le livre m’invite au voyage. Alors je succombe.

Je viens de découvrir Marie Sizun. D’abord : Un Léger Déplacement, puis : Jeux Croisés. Des scénarios de tous les jours, tout simple, une sensibilité à fleur de peau, des réminiscences provoquées par certaines situations jamais abordées de face, enterrées sous des couches de crasse émotionnelle ou simplement sous le temps qui passe et pousse chacun de nous vers l’avenir et vers l’oubli. Des romans intimistes.

Dans Jeux Croisés l’auteur s’interroge sur les mères en général, et sur sa mère à elle, Yvonne : « Sa mère qui lui parlait si durement. Écho de la voix familière, âpre, douloureusement sonore. On lui parlait de sa sœur Nelly, de ses beaux enfants ; on lui donnait en exemple sa sœur Nelly, autrefois déjà tellement plus charmante qu’elle, tellement plus féminine qu’elle ».

Ou encore : « Un jour que Marthe (l’auteur) arrivait inopinément chez ses parents, elle avait surpris par la porte entrouverte de la salle à manger une conversation entre sa mère et sa sœur (la fameuse Nelly). Les deux femmes s’exclamaient, riaient. Plaignait le malheureux Pierre (le mari de Marthe) sur qui, disait Nelly, Marthe avait fini par mettre le grappin ».

J’aime particulièrement cette scène ou les membres de la famille sont regroupés autour d’un enfant : « attendrissements de rigueur devant ce petit dernier, grassouillet et niais. Tous se pâmant avec ensemble devant la rapidité de la croissance de l’enfant, ses progrès ; ou même la beauté du char d’assaut qui lui servait de poussette. »

Voilà que son mari la quitte comme le lui avait prédit Yvonne « il est trop bien pour toi cet homme là ». Les vacances d’été commencent. La vie de Marthe bascule en même temps que celle d’Alice. Ces deux femmes sont des opposées et pourtant l’espace d’un roman leur destin va se croiser.

Voilà comment Marie Sizun peint l’espèce humaine : perfide, dure, inconsciente, incisive, sans égard, sans l’ombre d’une compassion.

Un monde sans attrait où il vaut mieux se taire, où il semble qu’on reste toujours une éternelle incomprise. Elle me parle cette femme là.

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