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Le Moulin De Siagne de Jean Siccardi

28 Avril 2013 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu

Le Moulin De Siagne de Jean Siccardi

Le Moulin De Siagne de Jean Siccardi

Pour tout savoir sur le seigneur des collines provençales, l’olivier, il faut lire ce Moulin de Siagne, qui se déroule du côté des frises de l’Esterel, entre Alpes Maritimes et Var.

« Oulivié de tout gran, castagnié de toun paire, amourié touniet »

Tu profiteras de l’olivier planté par ton grand-père, du châtaignier planté par ton père et seulement du mûrier que tu as planté.

En 1920, on cueillait ainsi les olives : les doigts repliés en forme d’étrille, protégés par des bouts de corne de chèvre enfilés sur les phalanges, ils peignaient la branchette. Pour les fruits hors de portée, ils employaient les gaules, de fines branches de noisetier coupées 7 jours après la pleine lune, tapant dans le sens des rameaux et des feuilles.

Thérésius qui veille sur son domaine, qui respire sa terre par les pores de sa peau est comblé par la naissance d’Édouard qu’il baptise en trempant son index dans une fiole contenant son huile et en massant les gencives de son nourrisson.

On trouve là des descriptions de repas : De larges serviettes nouées autour du cou, les convives se délectaient du gros souper (le repas maigre traditionnellement pris en famille le 24 décembre avant la messe de minuit) composé de sept plats maigres, symboles des sept plaies du Christ : l’aïgo boulido, soupe à l’ail et à la sauge, des escargots petit-gris, de la brandade de morue, des cardons aux anchois, de la salade chicorée frisée accompagnée de chèvre et les treize desserts. On grignotait la fougasse à l’anis, le nougat noir, les quatre mendiants (figues sèches, raisins secs, amandes, noix) puis les dattes, les pommes, les poires, les mandarines, le melon vert, et l’on achevait le repas avec la pâte de coing et les oreillettes. La cartagène, l’eau de coing, la ratafia, « lou sauvo-crestian » fabriqués par Edouard , accommodaient le dîner.

— Vaut mieux se réveiller près d’une source fraîche qu’à côté d’un marigot !

On trouve aussi des leçons d’agriculture : Le bois était ensuite traité au cuivre après chaque manœuvre, prévenant ainsi l’apparition du redoutable champignon à taches brunes et jaunes, « l’œil de paon » La maladie de l’œil de paon de l’olivier est provoquée par un champignon qui ne se développe que sur cet arbre. Il lui est donc propre. Si elle n’est pas traitée, la maladie évolue rapidement et entraine la chute des feuilles les unes après les autres, laissant un olivier complètement dénudé.

Et puis les personnages : Adèle souvent aux fourneaux, Garibaldi le fidèle chien, La Moura et Mastègue qui empoisonnent la vie de Thérésius. Cette Ariane, surgie de nulle part, qui hérite de la Manuella, se baigne nue dans la rivière et va ensorceler Édouard. Quand le lecteur, au supplice, s’imagine enterrer Thérésius, voilà que l’auteur par un tour de passe-passe redresse la barre et que ce Moulin de Siagne s’achève sur une note optimiste.

Photo Bellino Jacqueline. Un des beaux oliviers de Jacqueline Bellino, sur les pentes de L’Escarène. Jacqueline est une productrice d’huile et aussi un auteur. Son site : www.adolive.com

Photo Bellino Jacqueline. Un des beaux oliviers de Jacqueline Bellino, sur les pentes de L’Escarène. Jacqueline est une productrice d’huile et aussi un auteur. Son site : www.adolive.com

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