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De Karine Giebel, "Les Morsures de l’Ombre"

18 Août 2013 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu

Les Morsures de l’Ombre de Karine Giebel

Ce mercredi 14 décembre, Benoît Laurand, officier de police se réveille enfermé dans une cave, derrière des barreaux. Il fait les cent pas le long de la clôture. « Subitement, il conçoit mieux les va-et-vient chroniques des animaux dans les zoos, juste derrière les barreaux. »

Séquestré par la belle Lydia, une rousse à la tignasse de lionne, dont le visage est subjuguant. « Aucun regard, qu’il soit d’homme ou de femme, ne pourrait y glisser sans émotion. C’est une sculpture de glace et de feu aux traits à la fois conquérants et inquiétants, qui contrastent avec la fragilité qu’on devine au fond des iris précieux ».

Lydia a utilisé son charme et le GHB, la drogue du viol, pour kidnapper Benoît.

Elle sait tout de lui : qu’il trompe sa femme Gaëlle, qu’il a un petit garçon nommé Jérémy, où il habite, quels sont ses amis…

Nina Waldeck la psychiatre qui soigne Lydia, « attend qu’elle décadenasse sa boîte crânienne pour dégueuler sa névrose sur le faux tapis d’Orient made in Saint Maclou ».

Lydia prétend que Benoît a détruit sa vie. Il ne comprend rien à ce qui lui arrive, lutte contre le froid, la faim. « Il est soulagé de ne pas avoir paumé le fil ténu du temps. Ses derniers repères. Ca signifie sans doute qu’il n’est pas devenu fou. Pas encore… »

Parallèlement, Gaëlle signale la disparition de son mari ; une enquête démarre.

Le lecteur apprend qu’Aurélia a disparu le 6 janvier 1990. Lydia est sûre que Benoît a violé et tué sa sœur jumelle. Innocent, Benoît s’obstine à le clamer. Alors Lydia frappe, affame, manie le poing électrique, scarifie, met de strychnine dans le café, se livre à des expériences sensorielles inédites, foudroie à la matraque électrique. Benoît s’enfonce lentement dans une sorte de marécage vaseux.

Un certain Joachim pose une fleur sur la tombe de fortune de la petite Géraldine et il pense à Aurélia une autre de ses âmes blanches du temps « où il n’était encore qu’une bête sans pitié ».

Benoît clame toujours son innocence ; se souvient tout à coup que le 6 janvier 1990 il était à Courchevel et qu’il a gardé une facture en souvenir d’une fille dont il était amoureux. Lydia retrouve la facture et prend conscience de son erreur.

L’enquête sur la disparition de Laurand piétine malgré le renfort d’Auguste Fabre. En désespoir de cause, la police perquisitionne la maison du flic, s’aperçoit que Gaëlle a retiré 3000 € d’un de ses comptes et refuse de dire pourquoi. Elle est mise en garde à vue, finira par avouer qu’elle connaissait les incartades de son époux, qu’elle a voulu se venger de lui, qu’elle s’est prostituée avant de tomber dans les griffes d’un maître chanteur qui n’est autre que Moretti, le grand patron de l’hôtel de police qui a des dettes de jeu !

« Après la disparition de sa jumelle, Lydia a dû affronter seule ce monde hostile. Alors qu’elle était née pour être deux. De quoi plonger tête la première dans une boue névrotique, vers des abysses effrayants ». Elle s’apprête à libérer Benoît lorsque survient une catastrophe…

C’est une mamie postée derrière sa fenêtre qui permettra de remonter jusqu’à Lydia Hénaudin et Benoît Laurand.

Terrible Karine Giebel ! Diabolique Karine Giebel ! C’est vraiment une virtuose ! Où trouve-t-elle son inspiration ? J’aimerais bien le savoir. Elle m’a tenue en haleine jusqu’au bout. J’ai laissé passé quelques jours puis j’ai lu une deuxième fois ce thriller composé de deux histoires qui s’effleurent et montrent jusqu’où la vengeance et la manipulation peuvent mener.

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Benoît Laurand, officier de police se réveille enfermé dans une cave

Benoît Laurand, officier de police se réveille enfermé dans une cave

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