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L’Exception de Audur Ava Ólafsdóttir

8 Mars 2015 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu

Audur Ava Ólafsdóttir, L’Exception

Au pays des nuits obscures, en Islande, Maria se retrouve seule avec Björn et Berghóra ses jumeaux âgés de deux ans. Après onze ans de mariage, son mari Flóki fait son coming out et la quitte pour un compagnon.

Ici, le soleil se lève à onze heures cinq, ensanglanté, fendant le ciel en deux, puis se couche à quinze heures quinze, à nouveau ensanglanté. Maria exerce son activité dans l’aide humanitaire.

Maria cherche, Maria s’interroge, Maria souffre.

Sa fille, sa réplique, veut elle-aussi englober du regard les chaînes de montagnes et les lacs, les pseudo-cratères et les landes où pousse la camarine noire.

Maria observe ses enfants, qui n’ont, contrairement à ce qu’on imagine aucune faculté d’adaptation : ils sont conservateurs par nature et exigent que tout demeure immuable.

Perla sa voisine naine, écrivain la nuit, conseillère conjugale le jour habite à l’entresol et soutient tant bien que mal le moral de Maria. Les cygnes se choisissent un conjoint pour la vie, dit-elle. Elle raconte aussi que les gosses l’enfermaient dans la buanderie en lui jetant :

— Tu pourras sortir par le trou de la serrure.

Elle s’est mise alors à penser en dehors des sentiers battus ; au lieu de se morfondre en s’apitoyant sur elle-même quand on la martyrisait, elle s’est mise aussitôt à transformer en conte la réalité de ces moments. Perla s’inspire de la vie de ses contemporains, elle recherche dans la souffrance d’autrui quelque chose qui puisse lui servir.

— Si bien que l’écrivain est une sorte de corbeau en quête de verroterie, lui réplique Maria qui rêve d’un corbeau aux ailes géantes dont l’envergure emplit le ciel et obscurcit le monde, qui porte dans son bec un objet qu’il laisse tomber à ses pieds.

Au chalet, où Maria s’est enfuie malgré la tempête, un chasseur, naturaliste et poète, amateur de reliures en toutes sortes de peaux, notamment de vison, de renard, et de saumon lui rend visite : une drôle d’ambiance.

Le père biologique de Maria fait son apparition pour mourir aussitôt, lui confiant le soin de s’occuper de ses cendres et de son héritage sur une côte lointaine. La tâche exécutée, elle retrouve son ex expert mathématicien, fait l’amour avec lui même s’il lui déclare :

— Je t’aime toujours, mais il faut que je sois en accord avec moi-même.

Un drôle de livre où la souffrance de Maria estompée sous des phrases banales peine à rendre les émotions. Il ne se passe rien ou pas grand chose.

Caprice d’imprimeur ou choix de mise en page : chaque petits chapitres comporte les premiers mots en majuscule ; c’est original.

l’écrivain est une sorte de corbeau en quête de verroterie

l’écrivain est une sorte de corbeau en quête de verroterie

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