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Islande, la lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson,

23 Mars 2015 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu

La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson,

En terre d’Islande, Bjarni écrit à Helga une longue confession.

Il a 90 ans, l’heure de sa mort arrive. Il se souvient de sa femme Unnur, de leur drôle de relation, de ses expressions : C’est la rose la plus rouge qui fane la première au pré. Ou encore : que les anges de Dieu prennent place à mon chevet, ce qui signifie c’est l’heure pour moi d’aller me coucher.

Littérature et culture générale ne sont pour Unnur qu’un luxe superflu qu’on doit avoir honte de s’offrir puisque le temps qu’on y passe est volé au travail.

Il se souvient de Kristin, sa grand-mère. À son époque, le savon n’existait pas en Islande ; on lavait le linge et les cheveux à l’urine fermentée, comme de toute éternité. Les femmes aujourd’hui ont une tignasse morte ; quand elles se shampouinaient à la pisse, leur chevelure longe et épaisse resplendissait !

Bjarni est membre de l’union agricole, contrôleur des réserves de fourrage, adhérent à la société de lecture où il apprécie les envolées. Il a foi dans le mouvement coopératif. Sa grande passion c’est l’élevage des moutons. Pour soigner la gale, il a une méthode infaillible : jeter dans l’urine pure des algues et de la cendre de bois, additionnées de bitume, de pisse humaine et de quelques feuilles de tabac.

L’auteur parle admirablement du bélier Kútur fraîchement peigné : cornes courtes, chanfrein large, reins solides et bien râblés, cuisses écartées et puissantes jusqu’au jarret, ce qui lui donne de sacrés aplombs.

Surtout, il se souvient d’Helga qui frissonne comme un peuplier dans le vent sous ses caresses ; la voir nue dans les rayons du soleil est revigorant comme la vision d’une fleur sur un escarpement rocheux. Lorsqu’elle porte une nouvelle vie, Helga désire partir en ville, à Reykjavik. Pourtant malgré tout son amour, Bjarni est celui qui n’est pas parti, qui a préféré croupir dans son coin plutôt que de suivre la femme de sa vie. Il veut bien traverser la lande dans les deux sens, jour après jour, à en user deux paires de chaussons en peau de poisson, rien que dans l’espoir de pouvoir la toucher du doigt. Mais renoncer à lui-même, à la campagne et au travail de la terre auquel il s’identifie, ça, il ne peut pas.

Sa petite Hulda, aux boucles blondes qui scintillent au soleil, plus claires que des ailes de cygnes, ne sait pas qu’il est son père, sinon par la voie du sang qui se fait entendre par le cœur et l’instinct. Hulda devient présentatrice à la télévision, pénétrant à ce titre dans le salon de Bjarni, chaque soir que Dieu fait, pour annoncer le programme.

« L’amour le plus ardent

Est l’amour impossible.

Mieux vaut donc n’aimer personne »

chante un vieux refrain populaire.

Il est trop tard pour Bjarni.

Ou encore « Il y a ceux qui allument le feu et ceux qui en profitent. Bjarni ne fait pas partie de la seconde catégorie.

Un beau livre malgré la noirceur. La bergère qui sommeille en moi a particulièrement appréciée.

Sa grande passion c’est l’élevage des moutons

Sa grande passion c’est l’élevage des moutons

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N
Pour visiter votre blog, il faudrait me donner le lien. <br /> À bientôt.
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S
J'apprécie votre blog, n'hésitez pas a visiter le mien.<br /> Cordialement
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