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L’empreinte du renard, Moussa Konaté

25 Septembre 2014 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu

L’empreinte du renard, Moussa Konaté

L’action se passe à Pigui, chez les Dogonos ou Dogons où l’ancêtre Lèbé préside. Là-bas, l’amitié est un principe sacré.

Or, Yalèmo découvre que Némégo enfreint la loi avec Yakoromo la fiancée de son frère Yadjè. Les deux garçons sont amis intimes.

L’oncle Kansaye considère Yadjè comme son fils et comme un chef de famille ; à ce titre, il l’incite à venger son honneur bafoué et à se battre sur la falaise avec son rival.

La mère de Yalèmo et Yadjé emprunte le sentier des renards le lendemain avant le lever du soleil. À la maison de la divination, les devins accroupis ont pris soin de parsemer le lieu de graines d’arachides dont raffolent les renards. Ceux ci, en recherche de nourriture, font tomber les bâtonnets dont les différentes positions finales sont considérées comme des messages qu’interprètent les sorciers, en particulier Kodjo, "le chat", avec ses yeux jaunes en amende, son petit nez retroussé, ses moustaches de gendarme, ses petites dents pointues et son corps abondamment poilu.

Les renards répondent : la paix quittera la maison pour longtemps. Il y aura du sang, beaucoup de sang.

Sur la table de pierre suspendue au dessus de la falaise, les jeunes se battent. Yadjé tombe, Yalèmo pousse Némégo : ils sont précipités dans le vide. Ce dernier seulement blessé, décède le lendemain, le corps démesurément enflé.

Le commissaire Habib Kéita et l’inspecteur Sosso Traoré mènent l’enquête.

Jérôme Diarra, élève de Kéita, accueille les policiers, conseille une visite de courtoisie au Hogon, le chef spirituel, qui habite une construction de terre ocre aux murs couverts du sang des animaux sacrifiés et de traces séchées de bouillie de mil.  

Ils rencontrent aussi Dolo le maire et ses adjoints qui se retrouvent régulièrement dans une maison destinée à abriter leurs amours clandestines et leurs beuveries : Ali dont les parents se sont convertis à l’islam peu avant sa naissance, Antandou qui courtise la fille du chat, la plus belle du pays dogon, Ouologuem qui frime…

Le commissaire Habib façonné à l’école occidentale connaît seulement la rationalité, le cartésianisme et tient les dogons pour des primitifs ; il se rend compte qu’ils ont leur univers à eux en assistant à un Dama, les funérailles d’un vieillard respecté de toute la communauté ; là dansent les masques.

Mais les morts se succèdent : Ouologuem, puis Antandou, puis Ali… Tous ont le corps boursouflé.  

L’autopsie montre un empoisonnement avec une plante rare que les Dogons appellent la tête jaune associé à du venin de cobra. C’est un procédé utilisé pour les flèches et les sagaies. Le pays dogon est étrange ; des savoirs de tous ordres s’y nichent.

Tant que des étrangers viennent voir les Dogonos sans porter atteinte à leurs valeurs, il n’y a pas de quoi se fâcher, mais quand les enfants du pays s’allient à des étrangers pour s’emparer des terres, alors, rester passifs rendrait les dogons complices de leur forfait.

Une belle leçon d’humilité pour le commissaire Habib : il a rencontré des personnes qui mettent l’homme au centre du monde et commettent des crimes pour sauver leur honneur et maintenir les fondements de leur société.

Un beau livre.

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L’empreinte du renard, Moussa Konaté

L’empreinte du renard, Moussa Konaté

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