Pisser à Paris !
3 Mars 2014 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #coup de geule
Indignation, honte, esclandre : Pisser à Paris !
Jeudi 28 février 2014, gare du nord à Paris, je m’apprête à prendre mon TGV pour Montélimar. Pour ne pas abandonner ma valise qui contient mon ordinateur portable, dans le train, je préfère aller aux toilettes avant de partir. Je ne suis pas minutée. Je demande les WC gratuits, on m’indique l’étage au dessous. Je descends par l’escalator, trouve l’endroit, me faufile entre les petites barrières, pousse les barres de ferraille qui bloquent l’entrée et tombe sur la guichetière.
Une femme se présente juste avant moi.
C’est 50 centimes, demande l’employée assise derrière son comptoir.
La femme dépose un billet de 20 € devant elle.
— Je n’ai pas de monnaie.
— Mais Madame, je ne peux plus me retenir… Je ne peux pas faire un pas de plus… S’il vous plait, permettez moi d’entrer… dit-elle très gênée en rougissant. — Allez acheter quelque chose en haut et revenez me voir, conseille la duègne.
Je n’en crois pas mes oreilles ! Non seulement c’est payant mais en plus il faut avoir l’appoint !
Un instant, je pense déposer culotte devant le guichet et inonder le carrelage. Puis je me raisonne : la peste va appeler les flics, cela va créer un scandale.
Je pose une pièce de 1 € sur le comptoir.
Je déclare :
— Vous êtes vraiment inhumaine. Je paie pour nous deux.
La dame qui se tortille avec son envie pressante et incoercible comme chacune sait, se répand en remerciement à mon égard.
Nous nous soulageons dans des cabines non insonorisées et mitoyennes, puis remontons ensemble vers les quais en nous indignant sur la situation.
Non seulement il faut payer pour soulager une envie naturelle, mais en plus il faut avoir l’appoint ! Quel scandale ! Vivement que je retrouve l’Ardèche où à tout moment derrière un cade odorant je peux baisser mon pantalon.
Pourquoi à Paname ne fait-on pas commerce de nos défécations ! Exploiter cette matière première gratuite qui donne un excellent compost, un engrais vert ou pourquoi pas un carburant, pourrait renflouer les caisses !
Cela me rappelle le restaurateur de Kaolack au Sénégal, dont les clients musulmans venaient se laver les pieds dans le lavabo avant d’aller à la mosquée ! Il a remonté la vasque à plusieurs reprises sans réussir à enrayer le phénomène. Alors, il a apposé un panneau au dessus du robine. Voyez ma photo.
Toujours au Sénégal, à Malinda, dans le sud est du pays, le chef du village essaie de conscientiser les habitants pour éviter les lieux d’aisance sauvage. Voyez ma photo.
Pauvre humanité.
Partout sur la planète, les problèmes simplement humains ne sont toujours pas réglés !
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