Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
nicole-faucon-pellet.overblog.com

À Mélie sans Mélo de Barbara Constantine

14 Novembre 2013 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu

Barbara Constantine, À Mélie sans Mélo

Marcel, garagiste à la retraite, va avoir 78 ans. Sa femme Andrée est morte il y a 10 ans. Au début, ça l’a déboussolé, bien sûr. Mais ils ne s’aimaient plus depuis déjà très longtemps. Alors c’est juste l’habitude de sa présence qu’il a du apprendre à perdre.

Mélie a 72 ans. Ca va faire 12 ans que son Fernand est mort. Dans les bras de sa maîtresse. C’est son cœur qui a lâché. Mais ça s’est bien passé. Il n’a pas souffert. Et Mélie non plus…

Sa fille Fanette au cours d’une mission humanitaire en Colombie a adopté une petite Clara.

Mélie adore la campagne et son jardin. Elle connaît tout de la bardane, vous savez, ces boules qui s’accrochent dans les cheveux, sur les pulls, dans les poils de chien. Les racines de cette plante sont bonnes à manger. Ca ressemble un peu aux salsifis. En plus fin. Et ses feuilles fraîches soignent l’eczéma, l’acné, les furoncles…

Au repas, elle sert quelques racines de campanules raiponces, une salade du jardin mélangée à des feuilles de plantain et d’herbe de Saint-Jean, et une petite fricassée de racines de bardanes.

Le soir devant la maison avec sa petite Clara elle regarde l’épeire tisser sa toile près du rosier blanc : un vrai spectacle. Du coup, Antoine le copain de Clara qui est arachnophobe est guéri. Mélie connaît aussi les thomises et les veuves noires.

Marcel répare tout ce qui est panne chez Mélie, mais quand elle veut le voir elle met la machine à laver en panne…

Mélie prend des cours d’Espagnol chez Pépé pour comprendre sa petite Clara. Ils font du troc. Une heure d’espagnol contre trois pots de confiture de cerises. La semaine prochaine ce sera des poires au vinaigre.

Pour son ami Marcel elle veut acheter un dictaphone. Un petit saligaud de vendeur sans respect la reçoit. Finalement elle vole l’appareil !

Elle pense à l’amour un soir d’orage. Elle ouvre sa robe, se tend vers le ciel pour mieux sentir la pluie battre sa peau. Elle tombe dans la boue. Comme une masse. Elle n’a pas mal, mais elle pleure. Très longtemps. Tout le temps que dure la pluie. Quand elle na plus de larmes et que la pluie a cessé de tomber, elle se relève, et rentre se changer. Elle n’imaginait pas contenir autant… et surtout, avoir autant à pleurer. Mais maintenant, elle se sent propre, légère. Ah, la vache… Ca fait du bien !

Il y a aussi Gérard qui est médecin, un ami de la famille qui a failli épouser Fanette. Sa femme Odile le quitte en lui laissant leur trois fils sur les bras. Et voilà que le grand amour renaît entre Gérard et Fanette.

Rosa, une pauvre vieille toute édentée, incontinente et sénile, voisine de chambre de Marcel à la maison de retraite, s’éteint. Marcel commence à enregistrer ses souvenirs sur le dictaphone.

Marcel a attendu 57 ans pour déclarer sa flamme à Mélie ! Quand il se décide, il déclare :

Si on s’était mariés, il y a 57 ans, ça aurait été une connerie. Notre amour serait maintenant tout usé. Tout ratatiné. Peut-être mort ! On ne se regarderait plus. On ne s’écouterait jamais. On ferait chambre à part depuis au moins 30 ans ! Pour ne plus avoir à s’entendre ronfler, ou devoir se battre pour un bout de couverture, ou s’angoisser à la moindre apnée qui dure un peu longtemps…

En attendant, Marcel s’installe chez Mélie. Ensemble, ils filent la tendresse et l’émotion comme l’épeire tisse sa toile.

J’aime le style de Barbara Constantine. Avec ses phrases simples et sans détour, elle décrit l’ambiance de la vie de tous les jours, sans fioriture ni faux semblant.

Publicité
Le soir devant la maison avec sa petite Clara elle regarde l’épeire tisser sa toile (Photo Pellet Jean-Marc)

Le soir devant la maison avec sa petite Clara elle regarde l’épeire tisser sa toile (Photo Pellet Jean-Marc)

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article