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"Je m’appelle Lotte et j’ai huit ans" de Anne Birkefeldt Radge

24 Août 2013 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu

De Anne Birkefeldt Radge, Je m’appelle Lotte et j’ai huit ans

La petite Lotte habite à Trondheim, elle passe ses vacances à la ferme de Sinnstad, à Perlevik, sur la côte ouest de la Norvège, dans la famille de son père.

Je sens que la fiction se déroule il y a quelques décennies : « Grand-mère se lève et cherche des morceaux de pain sec dans le tiroir d’en bas. Elle les passe sous l’eau du robinet et les pose sur une assiette, sort le beurre et le saucisson. Au bout d’un moment, le pain devient aussi tendre que de la brioche. »

Chez Eli sa grand-mère, Lotte aime regarder les vaches : « Elles luisent comme des taches marron au milieu de tout le vert. Elles mangent pour remplir à nouveau leurs pis. Lotte a l’impression de voir leurs mamelles gonfler et descendre plus bas à chaque touffe qu’elles arrachent de la terre. Elles ne coupent pas l’herbe en mordant dedans, Lotte le sait, mais forment un lasso autour avec la langue, le resserrent et tirent jusqu’à ce que l’herbe se détache, tout en regardant de leurs yeux vitreux la prochaine touffe qu’elles attraperont. » Sa grand-mère dit : Ici les montagnes retiennent le ciel en haut pour que Lotte puisse respirer, alors que dans les plaines, elle a le ciel tout contre la tête et la nuque. Ca peut mettre au sol l’homme le plus grand et le plus fort qui soit.

Eli fait du pain avec du jus de viande. Elle fait bouillir des os de mouton qui donneront un très bon goût. La vieille Malla, comme on l’appelle, est la boulangère qui parcourt toute la région du fjord pour aider, les jours où l’on cuit le pain. Elle est massive, ses cheveux sont comme une pierre grise au somment de sa tête, elle a des yeux bleus qui vous transpercent et sait faire les vraies galettes du Vestland à l’ancienne.

N’oubliez pas, ami lecteur, que je suis femme de boulanger et que j’ai écrit Le Fournil de César.

Eli donne aussi du lait à la chatte de plus en plus maigre. « Les tiques s’enfoncent dans la laine des moutons et sucent le sang. Son grand-père a toujours un morceau de beurre au fond d’un sac, dans sa poche. Il frotte la tique avec du beurre, le fait pénétrer dans la peau du mouton, puis il coupe à ras de la peau avec son canif. Il ne reste plus que la tête et elle tombera bientôt. »

« Lotte regarde le corps imposant de sa grand-mère. Quand elle sera grande, elle n’aura jamais le courage de laver autant de surface de peau, et elle sera si sale que les autres trouveront qu’elle sent mauvais. »

En dehors des grandes vacances, à Trondheim, Lotte se balade avec Leif, son père, sur les chemins. « Ils ramassent des racines grises qui finissent toujours par ressembler à quelque chose : un nez, un pied ou un œil, une vieille femme courbée, un troll avec de la mousse et du lichen qui lui poussent sur la tête. En marchant, Leif parle son dialecte de Perlevik : ces sons de la côte ouest plus étroits et plus denses, avec les « r » roulés comme des pastilles de réglisse à l’arrière de la gorge. Au cours de ces promenades, son père redevient un petit garçon, il ne ressemble plus du tout à un papa.

Seulement voilà, Leif quitte sa femme. Le divorce n’est pas une mince affaire à l’époque. Le bureau de Leif Sinnstad devient la chambre de Lotte. Dès le départ de son cher père, les monstres attaquent la petite fille avec des grondements de bête montrant les crocs aux quatre coins de la pièce.

A Noël, Eli envoie de l’argent à sa petite fille Lotte pour qu’elle s’achète des oranges et du chocolat mais Lotte préfère acheter quelque chose pour sa mère Bent qui pleure souvent. Lotte aussi pleure souvent et ne parle pas de ses tourments. « Ses larmes sont des traces de pensées, tout le monde sait ça. Maintenant, on peut lire ses pensées sur la poitrine de sa mère » puisqu’elle a mouillé la chemise de sa maman en s’abandonnant à son chagrin.

Son père lui demande de ne pas l’appeler papa et lui paie le service cinquante couronne…

J’ai très peur pour la petite Lotte, je compatis à ses souffrances. Même si le divorce est démocratisé chez nous, je sais que bien des enfants souffrent aujourd’hui pareillement de l’absence d’un de leurs parents.

Merci Anne Birkefeld Radge d’avoir fait mourir Betsi la chienne et le chat sauvage mais pas la petite Lotte.

La petite Lotte habite à Trondheim...

La petite Lotte habite à Trondheim...

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A
je viens de lire ce livre, c'est très émouvant, cette petite lotte est( adorable. Je n'ai pas compris quel est le numéro de téléphone qu'elle appelle vers la fin du livre ?
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