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Karin Huet et Titouan Lamazou : Onze lunes au Maroc

2 Octobre 2013 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu

Onze lunes au Maroc, chez les Berbères du Haut-Atlas, de Karin Huet et Titouan Lamazou

L’auteur et le dessinateur se sont implantés une année dans une vallée berbère du haut atlas marocain chez les Ayt Bou Gmez.

Je vous livre quelques anecdotes découvertes dans ce très beau livre agrémenté de dessins et croquis :

- La vieille Khira connaît un traitement contre la jaunisse. Il faut acheter une tête de chèvre noire, l’enduire d’œuf, brûler les poils, en manger une partie au dîner et le reste le lendemain matin… Ou alors, placer un morceau de soufre au poignet et mettre un fer rouge en contact avec le soufre… Ou encore descendre jusqu’à Casablanca avec le camion qui emprunte la piste.

Deux ophtalmos du Dadès viennent en tournée jusqu’aux Ayt Gmez pour guérir les aveugles. A l’aide d’une espèce de roulette qu’ils font tourner entre deux doigts, ils font craquer la membrane blanche qui s’est formée sur l’œil du malade. Puis ils cautérisent avec un œuf chaud. Le patient doit rester couché dix jours, les yeux bandés.

Nos cercueils, nos caveaux, nos mausolées, quelle bonne plaisanterie ! Ici le défunt est enseveli dans son linceul et seules les veuves portent ostensiblement le deuil. Les tombes sont discrètes : une simple pierre, posée verticalement sur le trou rebouché, sans monticule. Quand la pierre s’écroule, elle ressemble à tous les autres cailloux.

Là-bas le bébé tète sa mère jusqu’à ce qu’il marche. Pour mimer le mot « mère », le geste qui vient c’est de toucher le sein. Maman égale mamelle.

Le Moqqadem, c’est le lieutenant du cheikh dans son village. Entre autres attributions il est facteur souvent illettré mais si bon musulman… Le cheikh c’est le chef berbère de la vallée.

Autrefois lorsqu’une caravane se laissait suspendre par la neige au Tizi n-Ayt Imi, on déchargeait les mules, on leur liait les quatre pattes, on les retournait sur le dos et on les poussait dans la pente. Les muletiers suivaient par la même voie, avec les bâts et le chargement, sur une luge faite d’une natte. Tout le monde se retrouvait en bas sain et sauf.

Il faut permettre à la mule son quart d’heure de folie quand, débâtée après une rude journée, elle se roule par terre. Savoir prévoir, en début d’effort, pétarades et crottes ; l’anus protubère, rougeoie, bourgeonne comme un fromage de tête puis, son office accompli, se rétracte pudiquement dans son fourreau noir, qui se dandine légèrement au rythme de la marche. Attention de ne pas s’amuser au monte-pente (se faire véhiculer par le mulet agrippé d’une main à sa queue) à ce moment précis.

Là-bas seules les veuves et les divorcés ont toute liberté pour aller et venir et sortir sans chaperon, si bon leur semble. Certaines en profitent pour en tirer leur subsistance. Leurs mœurs légères sont d’autant mieux admises qu’elles initient les jeunes à la vie sexuelle. Toute licence est permise, d’autant qu’elle ne s’affiche pas.

Pourquoi les gens ne jettent pas des cailloux à la cigogne ? Parce qu’elle ne mange que des vers de terre contrairement aux autres oiseaux. Dans les temps anciens, la cigogne c’était un homme riche. Les pauvres venaient lui emprunter du grain lorsque le printemps arrivait et que les stocks étaient épuisés. Une année la riche cigogne frotta de savon les marches de son escalier ; lorsqu’un pauvre redescendait, un sac de grain sur le dos, il dégringolait et tout le grain roulait à terre. C’est pour le punir qu’Allah transforma le riche en cigogne.

L’école est finie. Les petits se sont remis à « berger les moutons »

Quand les femmes ont des douleurs, elles jettent un morceau de peau de lapin dans le feu et se placent au-dessus, en relevant leur jupe, pour se fumiger. Elles accouchent accroupies, les bras tendus, les mains à plat par terre.

   Ce livre fait surgir mes souvenirs. Il y a une cinquantaine d’année, le soir, avant d’aller se coucher, mon oncle fermait le portail de la cour et sortait les mules qui allaient s’abreuver dans le bassin rond. Après s’être désaltérées, elles se roulaient par terre, se poursuivaient, jouaient… Je n’aurai manqué ce spectacle pour rien au monde. Toutefois ces grosses bêtes m’impressionnaient, je me cachais dans les jupes de ma mémée.

C’est aussi dans le haut Atlas marocain, à Tabachtent, que j’ai rencontré la petite Mina qui m’a inspiré mon Secret de la Rabassière. J’aime beaucoup cette région, ses habitants, sa cuisine, ses paysages. Je suis allée là-bas quatre fois et je rêve d’y retourner.

Je vous livre quelques photos des inoubliables voyages en pays Berbère dans l’Atlas marocain.

 

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1-Aït Ben Haddou, une vraie carte postale. 2-Une tente nomade à côté de Tinejdad. 3-Une belle porte à Izlif. 4-À Tabachtent Adda fait sécher des gerbes de blé, pour nourrir le bétail en hiver. 5-le magnifique rucher du Douar Igname à côté d’Argana. 6-labour à Tabachtent à côté d’Imilchil. 1-Aït Ben Haddou, une vraie carte postale. 2-Une tente nomade à côté de Tinejdad. 3-Une belle porte à Izlif. 4-À Tabachtent Adda fait sécher des gerbes de blé, pour nourrir le bétail en hiver. 5-le magnifique rucher du Douar Igname à côté d’Argana. 6-labour à Tabachtent à côté d’Imilchil.
1-Aït Ben Haddou, une vraie carte postale. 2-Une tente nomade à côté de Tinejdad. 3-Une belle porte à Izlif. 4-À Tabachtent Adda fait sécher des gerbes de blé, pour nourrir le bétail en hiver. 5-le magnifique rucher du Douar Igname à côté d’Argana. 6-labour à Tabachtent à côté d’Imilchil. 1-Aït Ben Haddou, une vraie carte postale. 2-Une tente nomade à côté de Tinejdad. 3-Une belle porte à Izlif. 4-À Tabachtent Adda fait sécher des gerbes de blé, pour nourrir le bétail en hiver. 5-le magnifique rucher du Douar Igname à côté d’Argana. 6-labour à Tabachtent à côté d’Imilchil.
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1-Aït Ben Haddou, une vraie carte postale. 2-Une tente nomade à côté de Tinejdad. 3-Une belle porte à Izlif. 4-À Tabachtent Adda fait sécher des gerbes de blé, pour nourrir le bétail en hiver. 5-le magnifique rucher du Douar Igname à côté d’Argana. 6-labour à Tabachtent à côté d’Imilchil.

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H
Salut, c'est vraiment beau :)<br /> <br /> Je vous ai envoyé un e-mail à propos de l'utilisation de l'un des photos apparaissaient dans cette page.. Je ne sais pas si vous avez bien reçu mon e-mail ou non ?<br /> <br /> Cordialement.<br /> <br /> Hessane.
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