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Glacé, de Bernard Nimier

20 Septembre 2013 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu

Bernard Nimier, Glacé

Le jour où un cheval décapité accroché à 2000 mètres d’altitude juste en dessous des câbles du téléphérique est découvert, Diane Berg, une suisse, prend son poste de psychologue à l’Institut Wargnier, un établissement psychiatrique unique en France et même en Europe où sont enfermés des assassins reconnus comme fous par la justice, des gens très violents.

A côté, il y a la colonie de vacances des Isards, un bâtiment tout aussi lugubre que l’institut.

On est à Saint-Martin-De-Comminges (pays imaginaire) : Pays de l’ours, 7 km.

Jusqu’ici dans cette vallée sauvage des Pyrénées, que Minier connaît très bien, l’homme ne peut s’empêcher de mutiler tout ce qu’il touche. Ici c’est comme ailleurs. Il y a un nombre incalculable de concierges autoproclamés qui sont prêts à répandre les pires histoires sur leurs voisins rien que pour tuer le temps. Et à les inventer au besoin.

Diane découvre des choses bizarres.

Martin Servaz de la crim de Toulouse, capricorne comme moi ! aime les citations en latin, pas comme moi ! « Sapiens nihil affirmat quod no probet » ce qui signifie : « Le sage n’affirme rien qu’il ne prouve », « Celui qui vient tard à table, ne trouve que des os, ou, un travail opiniâtre vient à bout de tout. »

Il est appelé par Catherine d’Humières, la procureur dont les yeux étincèlent comme ceux d’un rapace, pour enquêter sur la mort de Freedom, le magnifique yearling bais.

Servaz est choqué par ce travail inédit. Mais voilà, le cheval Freedom appartient à Éric Lombard, un milliardaire qui gagne 300 000 fois le salaire d’un ouvrier haïtien fabriquant des T-shirts ! Un milliardaire qui porte la mort de sa sœur comme une plaie inguérissable...

Martin Servaz pense que les gens sont des icebergs : sous la surface gît une énorme masse de non-dits, de douleurs et de secrets. Servaz fonctionne à l’instinct ; de temps à autre tous ses signaux d’alarme passent au rouge les uns après les autres.

Irène Ziegler, un gendarme atypique, un garçon manqué avec ses piercings, son anneau dans le nez, un tatouage sur le cou, le seconde, ainsi que son fidèle adjoint Vincent Espérandieu très branché nouvelles technologies.

Dans l’équipe, il y a aussi Pujol et Simeoni, deux flics néandertaliens et primates qui détestent Espérandieu parce qu’ils croient qu’il est homo. Ce qui pour eux équivaut à peu près à être pédophile ou à enculer des chèvres. Ils n’aiment pas non plus Samira Cheung parce qu’elle est à moitié chinetoque, à moitiés rebeu. En somme elle appartient à l’ennemi.

D’autres crimes sont perpétrés : Grimm le pharmacien tué selon le mode opératoire qui permettait l’agonie la plus longue et la plus pénible. On lui a aussi coupé le doigt. Grimm, Perrault, Mourrenx et Chaperon portent tous une chevalière avec les lettres CS. Tous vont succomber sauf Chaperon planqué dans la montagne.

Servaz patauge dans les hypothèses, ralenti dans sa progression par le traitre Saint-Cyr juge à la retraite, mais secondé par Samira et Irène qui ont plus de testostérone que les mecs…

Il y a aussi le Docteur Xavier, Lisa Ferney, Charlène la femme d’Espérandieu, Margot la fille de Servaz…

En quatrième de couverture, Servaz est présenté comme un flic hypocondriaque, je ne suis pas d’accord.

L’enquête suit son cours sur 558 pages admirablement bien écrites.

J’aime le style de Minier, son mordant, ses descriptions : Servaz imagine le technocrate derrière son bureau, souriant de son ascendant sur les petits commis de province, un beau costume et une jolie cravate, une eau de toilette de prix, rédigeant quelque note sans réelle importance mais pleine de mots ronflants puis allant gaiement soulager sa vessie et s’admirer dans la glace avant de descendre refaire le monde à la cantine en compagnie de ses semblables.

Ou encore : Le commissaire divisionnaire Vilmer avec son sourire de commande toujours collé aux lèvres comme un herpès tenace ; Servaz le considère comme la preuve vivante qu’un imbécile peut grimper haut s’il a d’autres imbéciles au-dessus de lui.

Un très beau boulot de Bernard Minier !

Qui a d^ lui demander d’innombrables heures d’écriture.

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l’ours des Pyrénées

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