Richerenches, la truffe à l'honneur sur l'autel de l'église
16 Janvier 2023 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #coup de geule, #coup de coeur
L’auteur de ce méfait, personnage non identifié, sans doute haut placé, a rayé d’un trait le nom de mon saint préféré, (pour le remplacer par sainte Roseline !) sans que personne ne conteste.
Les gros mots sont désormais passés dans le vocabulaire courant, n’est-ce pas, et vous comprendrez que je m’en réfère à un roman qui a failli avoir le dernier prix Goncourt…
Cette introduction pour vous dire qu’en ce dimanche 15 janvier 2023, c’était la messe aux #truffes à #Richerenches, sous la houlette de saint Antoine l’Ermite, toujours bien ancré dans le territoire de l’enclave. Je suis d’autant plus affectée que je suis née un 17 janvier, le jour de la saint Antoine, patron des petits cochons et des trufficulteurs.
Imaginez plutôt : ce jour là, mon grand-père Albert (né le 17 janvier 1897) partait de Réauville pour Montélimar à travers bois et ramenait son petit cochon, celui-là même qu’il allait engraisser toute l’année avant de le transformer en boudins et saucissons. Oui je sais, ce n’est pas romantique, mais que voulez-vous à l’époque les gens avaient faim et travaillaient dur.
C’est ce saint Antoine que nous fêtions ce matin dans l’église Saint-Denis-de-Richerenches en compagnie du Chœur d’hommes de l’Enclave et Quatuor vocal, de la confrérie du Diamant Noir et de la gastronomie en grand habit d’apparat, d’un curé auteur d’une très belle homélie en provençal et d’une très, très nombreuse foule.
Dans cette église, j’accompagnais tous les dimanches des vacances scolaires ma grand-mère maternelle qui venait là, prier et se recueillir. Bien sûr, j’ai eu une pensée pour elle ce matin. J’ai eu aussi une pensée pour mon grand-père qui ramenait des pleines bariottes de #rabasses qu’il convoyait à pied jusqu’au marché du village.
À la sortie de la messe, point d’orgue de ce moment : la vente aux enchères des truffes recueillies lors de la quête. Longuement soupesées, admirées, palpées, humées et commentées par l’inimitable Bernard Reynal, c’est toujours un spectacle de voir et d’entendre l’homme aux splendides bacchantes parler des truffes. Maire d’Astaillac, vice-président de la communauté de communes Midi Corrézien, médaillé d’or du tourisme en 2008 et chevalier du mérite agricole en 2010, président fondateur de la Fédération Nationale des Bistrots de Pays, grand maître de la confrérie du diamant noir et de la gastronomie, le bonhomme a plus d’une corde à son arc et possède une gouaille capable de dérider n’importe quel grincheux. Ce pèlerin des temps modernes, corrézien de haute stature, vêtu de la cape noire et du chapeau assorti, est un homme qui aime sa terre, qui en connaît les mérites et les fruits et ne manque pas d’en vanter les vertus haut et fort, partout.
À l’an que ven pour fêter la #Saint-Antoine !
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