Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
nicole-faucon-pellet.overblog.com

Adieu Grisou, mon beau chat de gouttière

15 Décembre 2018 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet

Adieu Grisou,

Une peine n’est pas proportionnée au poids de l’événement qui l’a motivé. Et il est difficile de s’exprimer sur le sujet sans passer pour une âme sensible. Tant pis je me lance : pleurer fait du bien, dire soulage, écrire exorcise.

Si la douleur pouvait se peser, le poids de certaines pèseraient bien plus que la mienne. J’en suis parfaitement consciente. Je m’excuse d’avance auprès de mes amis du Sahara qui ont à combattre la faim, la sécheresse ; auprès de mes amis ici et ailleurs qui luttent contre la maladie ou qui combattent le froid…

Mais, après quasiment dix sept ans d’une parfaite cohabitation, Grisou s’en est allé.

Cet intrépide matou avait vécu quelques mésaventures gravés sur une de ses oreilles ; il avait longuement et patiemment martyrisé de nombreuses souris avant de les dévorer et de les digérer sur ma couette tout en me prodiguant moultes ronrons. Ses quatre pattes ornés de blanc montraient bien que c’était le chat du boulanger : le bougre avait marché dans la farine.

Les ravages de la vieillesse ont eu raison de lui. Ce prince aux yeux d’émeraude s’est envolé vers d’autres cieux. Il laisse son frère de lait, même père même mère, un gros rouquin prénommé Rouquinou dont le caractère nonchalant paraît l’éloigner des réalités terrestres.

Ils dormaient toujours l’un contre l’autre, la tête de l’un sur le ventre de l’autre, lovés comme des amoureux, ronronnant de pair sur une musique unique. Et se couchaient, les après-midi d’été, sous le même banc, à l’ombre, toujours collés. Cette absence me fait vieillir encore un peu. Je suis idiote me direz-vous. Et je m’en rends compte.

Mon Grisou (et moi-même) avons eu le bonheur de bénéficier des compétences et de la douceur d’une charmante vétérinaire du cabinet de Bourg-Saint-Andéol. Dans mon désarroi, je ne l’ai même pas remercié, je ne lui ai même pas dit au-revoir en sortant de l’établissement, mon carton à la main et mes larmes aux yeux. Si jamais elle lit mon message, je la remercie du fond du cœur.

Grisou repose au cimetière des chats, au pied des vieux cerisiers qui donnent encore quelques fruits, à côté du chat de notre amie Annette, de Mozart, de Lola la petite chatte grise que mes enfants avaient trouvé, abandonnée dans les gorges de l’Ardèche et qui a vécu à nos côtés de nombreuses années après qu’elles se soit habituée à nous en nous observant, refugiée sous l’armoire du séjour. Il manque là Esclarmonde, la belle noire à la collerette Renaissance qui est arrivée un beau soir d’hiver pour dormir dans le berceau de ma fille (cette dernière est allergique aux poils de chats) et qui a disparue un beau jour sans laisser de trace.  

Adieu Grisou, mon beau chat de gouttière. Et encore longue vie à Rouquinou et à la petite dernière : une migrante qui a choisi de s’installer chez nous et s’y sent bien.  

Grisou, mon beau chat de gouttière

Grisou, mon beau chat de gouttière

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article