Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
nicole-faucon-pellet.overblog.com

Vernon Subutex et Virginie Despentes

9 Mars 2016 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu

Virginie Despentes, Vernon Subutex

Les intellos de gôche

Ça se passe dans le milieu du cinéma français, où les intellectuels s’auto-congratulent sur la qualité de leurs œuvres, tout en dégueulant leur caviar, le nez plein de coke, après avoir récompensé du cinéma roumain. Les intellos de gauche adorent les Roms, parce qu’on les voit beaucoup souffrir sans jamais les entendre parler. Des victimes adorables. Mais le jour où l’un d’eux prendra la parole, les intellos de gauche se chercheront d’autres victimes silencieuses.

Le personnage principal c’est Vernon Subutex, un ancien disquaire, qui donne d’ailleurs son titre au livre de Virginie Despentes. L’auteur ne mâche pas ses mots. Tout le monde en prend pour son grade.

La grosse Arabe voilée

Xavier a envie de décrocher un formidable coup de pied dans le cul de l’arabe qui se pavane devant lui. Est-ce qu’on pourrait, par pitié, faire deux cents mètres dans la rue sans avoir à supporter leur voile, leur main de Fatima au rétroviseur ou l’agressivité de leurs rejetons ? Sale race, m’étonne pas qu’on leur en veuille !

Lui, il est là à faire les courses au lieu de bosser parce que sa femme ne veut pas qu’on la prenne pour une bonniche, et pendant ce temps ces sales feignasses de crouilles, traînent dehors, peinards, à rien foutre, entre chômeurs grassement entretenus par les allocations, il passent la journée au café pendant que leurs meufs triment. Non contentes de s’occuper de tout dans la maison sans jamais se plaindre, et d’aller bosser pour les entretenir, elles ressentent encore le besoin de porter le voile pour afficher leur soumission. C’est de la guerre psychologique, ça : c’est fait pour que le mâle français sente comme il est dévalué.

La femme de Xavier, c’est Marie-Ange ; sa fille Clara.

— Mais le couple longue durée, ce n’est pas facile tous les jours. Pour que ça marche, ça demande des efforts constants.

Vernon écoute son pote

Agité de logorrhée, typique de quand on se sent obligé de meubler la conversation sans jamais s’arrêter, sous peine d’être confronté à des idées si angoissantes qu’elles pourraient vous dissoudre, entièrement.

Ils touchent 100 000 euros pour que leur scénario passe à la télé. Tout le monde se tourne dans le sens de la gamelle, c’est pas compliqué. Ils sont tous de gauche, bien entendu… Maintenant qu’ils comprennent que bientôt les subventions viendront de l’extrême droite, je te parie tout ce que tu veux qu’ils vont changer de ton ; ça retourne sa veste en souplesse, tout ça. Dans quatre ou cinq ans, les mêmes qui jouent du violon sur les pauvres sans-papiers te pondront des chefs-d’œuvre sur le banquier juif, le voleur rom et la Russe cupide…

Plus efficace qu’une thalasso

Sylvie, ce qu’elle apprécie le plus, chez ses amies, c’est de pouvoir les détruire dès qu’elles ont le dos tourné. Elle parie qu’en arrivant, les filles vont s’écrier :

— Mais tu as une mine incroyable ! Ça se voit, une bonne partie de jambes en l’air, c’est plus efficace qu’une thalasso, pour le teint, alors quinze jours de baise frénétique, autant dire qu’elle a perdu dix ans. Ça lui a réaligné les chakras, direct.

Le test du crayon, vous connaissez Mesdames ?

Une fois que les seins tombent, il faut penser à les soulever pour les rincer. Si le crayon glissé sous les seins ne tombe pas, c’est foutu.

Patrice est violent

Il a toujours levé la main sur ses copines. Mais Cécile c’est la bonne. Ils ont même un petit Tonio ensemble et elle attend le deuxième. Et un soir ils se prennent la tête pour une histoire de pizza. Boum, c’est la grosse beigne. Pas le plat de la main, non, le poing bien serré, cherchant la tempe.

Il n’entend pas la vague gronder ; il ne sait pas se mettre à l’écart bien avant qu’elle ne se soulève.

Il passe alors par un de ces putains de groupes de parole à la roule-moi les couilles dans la laitue. Il déteste les groupes de parole ; il ne ressemble pas aux mecs qui viennent là. Son père n’a pas fait l’Algérie, sa  mère ne l’a pas abandonné, il n’est pas incapable de parler à sa meuf.

Le mec qui anime le groupe est un ravi de la crèche. Il gobe n’importe quelle connerie. Tous les mecs qui sont là sont des menteurs. Ils disent ce qu’on attend d’eux. Ce sont de beaux parleurs. Le diable est bon danseur, sinon personne ne le suivrait sur la piste, n’est-ce pas ?

Chaque ligne qu’on se met dans le nez il faut penser qu’on sniffe le narcotrafic, le capitalisme le plus gore qu’on puisse imaginer, on se met dans le nez le corps des paysans qu’il faut maintenir dans la misère pour qu’ils n’augmentent pas les tarifs, on se met dans le nez les cartels et la police, les milices privées, les exactions des Kaibiles et la prostitution qui va avec, les mecs tranchent les têtes à la tronçonneuse.

Il y a aussi Noël

Il bosse chez H&M où le samedi c’est l’émeute. Tout ce que Paris compte de minets, pédés, zyvas, sapeurs, négros, bolosses, étudiants, bicots, bracass et beaux gosses s’y retrouve pour enfiler les derniers molards à la mode et ces connards payent pour porter ça. Noël rêve de boucler le magasin, avec les gens à l’intérieur, et gazer tout les malades mentaux qui fréquentent cette taule.

Une sacrée clique urbaine

Inconnue des villageois, des paysans, des ruraux. Un style décapant. Il faut lire un titre de Despentes pour avoir une idée de la littérature en vogue. Ça décomplexe. À côté, j’ai envie de dire que les auteurs régionaux écrivent bien…

Virginie Despentes, Vernon Subutex.

Virginie Despentes, Vernon Subutex.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article