Ils voulaient me marier de force
4 Janvier 2016 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu
En exergue
« À Robina dont la vie a été tragiquement interrompue, et à mes parents, dont je sais maintenant qu’ils ont toujours cru agir pour mon bien » écrit Jasvinder Sanghera, avant de se lancer dans une longue et douloureuse confession : comment elle a réussi à échapper au mariage forcé.
Le gurdwara
Son père Chanan et sa mère Jagir ont sept filles et un seul garçon Balbir. Jagir a été contrainte d’épouser le mari de sa sœur défunte et contrainte à s’exiler en Angleterre. Elle fréquente avec assiduité le gurdwara, le lieu de culte des sikhs, « la porte du gourou », et respecte scrupuleusement les consignes.
Le saviez vous : il existe cinq Gurdwara en France ? La diaspora panjabie est très présente en Angleterre où se déroule le récit de ce livre.
Mariages forcés
Les sikhs sont très respectueux de l’honneur. C’est ainsi, selon une tradition ancestrale que Lucy, Robina, Yasmin, Jasvinder, Bachanu, Prakah et Ginda se voient imposer chacune un mari. Balbir le seul garçon de la famille mène une vie de pacha sous la protection de sa mère.
Seule Jasvinder s’enfuie et échappe ainsi à son destin. Dès lors, elle est bannie par sa famille, rejeté par ses parents, en proie à un terrible sentiment de culpabilité qu’elle mettra des années à surmonter.
Désespérée au point de s’immoler
Robina laissera sa vie dans l’affaire. Le chef de la communauté est censé lui venir en aide mais il défend le système des castes, le mariage forcé, la souveraineté absolue de l’honneur. Maltraitée par un époux détestable, incapable de désobéir aux règles de bienséance en vigueur, Robina s’arrose de pétrole lampant, ses vêtements s’embrasent et elle meurt.
Pour Jasvinder c’en est trop. Cette peine immense qui lui ravage le cœur va lui servir de tremplin pour gagner l’indépendance. Des déboires amoureux, des partenaires violents, un parcours chaotique, la souffrance, la dépression, trois enfants à charge, Jasvinder réussit à force de volonté à franchir les épreuves qui la mèneront à reprendre ses études, aller en faculté, créer « Karma Nirvana » : un centre d’aide aux victimes de viols dont sont victimes les asiatiques, tendre la main aux femmes prisonnières des barrières culturelles.
Des crimes programmés
Cinq mille cas de meurtres d’honneur se produisent chaque année dans le monde, écrit l’auteur. Les exemples ne manquent pas : Rukhsana dix neuf ans, enceinte de six mois refuse d’avorter et la famille la soupçonne d’avoir conçu son bébé avec un homme qui n’était pas celui avec qui elle avait été mariée de force à l’âge de quinze ans. Alors, sa mère s’assoit sur ses jambes pour l’empêcher de se débattre pendant que ses frères l’étranglent… D’autres femmes sont précipitées par la fenêtre du cinquième étage…
Beau témoignage sur un sujet discret
Ce très émouvant récit montre une facette cachée de la culture indienne. Je reviens de là-bas, j’ai admiré les sikhs à turban sans me douter que derrière ce morceau d’étoffe pouvait se dissimuler une culture archaïque.
Il y a un moment que je n’ai rien publié sur mon blog bien que je lise toujours autant. Une grande partie de mon temps s’est consumé dans la promotion de mon Je Viens du Jardin des Cafés.
Mais ce Honteuse qui ouvre des portes insoupçonnées sur un univers méconnu m’a donné envie de vous faire partager mes découvertes.
Merci Jasvinder.
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