La petite de Michèle Halberstadt
28 Août 2015 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu
La mort du papy
Son grand-père adoré est mort. Père, mère et grande sœur œuvrent à la même cause : épargner à la petite les épreuves des grandes personnes. Cela part d’un bon sentiment, comme on le dit chaque fois qu’une bonne intention se concrétise en bévue.
Il reste Émile, le frangin du grand-père, le seul dans cette famille de juifs qui a eu le temps d’émigrer loin des croix gammées et qui a réussi comme diamantaire. Et deux anges gardiens aux présences imposantes, à l’humour ravageur, au charme incontestable, au cœur sur la main ; des exilés inclassables, ne cherchant ni l’assimilation ni la reconnaissance, des êtres sans illusions sur la nature humaine. L’autrichien M. Reuter et l’oncle Dee.
L’image de soi
La petite se voit comme une naine, tandis qu’elle voit sa grande sœur comme une reine. Son père, le chef de famille, scrupuleusement honnête, rigoureusement droit, part travailler dès sept heures, rentre vers dix-neuf heures, gris de fatigue. La petite ne songe même pas à l’entretenir de ses états d’âme.
La terrible fragilité de l’enfance
Au cours de ce petit roman, Michèle Halberstadt explore le thème de la souffrance non dite, la trahison, le désespoir, la solitude qui mène au suicide des enfants de 12 ans. Et comme dans Un Écart de Conduite, toujours la mort du grand-père, un thème récurrent, sans doute : rempart contre le désespoir.
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