SEL, troc de plantes du printemps au Garn
5° troc des plantes au SEL
C’est désormais une tradition pour les membres du SEL mailto:https://sites.google.com/site/selsaintmartin/ de se retrouver chez Françoise au Garn pour le célèbre troc de plantes du printemps.
Dans la cour de sa jolie maison agrémentée de ses créations, de celles de son mari Coco, des plantes omni présentes, de la proximité de son jardin potager où, entre les murs de pierres sèches et le compost, pointent le nez salades, bourraches, petites clochettes inconnues, il y avait foule ce dimanche 13 avril pour la cinquième édition.
Après l’installation de tous les arbres, plantes, boutures, graines apportés par les participants, après l’installation d’une table-bibliothèque où trônent toute une panoplie de livres de jardinage, de botanique et d’astuces nature, Françoise se livre à une rapide présentation du SEL, puis embraye sur les succulentes comestibles : son sujet du jour.
Elle vient de mettre sur la chaussée de son village un bac rempli d’incroyables comestibles. Chacun peut se servir avec modération. Ce mouvement citoyen venu de Todmorden, au nord de l’Angleterre, se répand aux quatre coins du monde. Le principe : planter des légumes pour les autres, réapprendre à manger local. Quelques plants de tomate ou de radis se cachent dans les fleurs, la ciboulette, la frigoule, les framboisiers ou les fraisiers poussent sur le trottoir. Original, non ?
Françoise parle avec son cœur, débordante d’enthousiasme et nous fait découvrir quelques plantes du terroir.
Le calendula à la fleur de souci : macération des fleurs dans une huile stable, puis filtrage. En un peu plus d’un mois, les jolies fleurs de souci à la couleur orangée ont libéré des vitamines et des phytostérols pour donner à cette préparation maison toute sa valeur protectrice, apaisante et anti-inflammatoire.
L’eau de rose très facile à réaliser, embaume. Il suffit d’une poignée de pétales dans de l’eau pure, de faire bouillir, de laisser infuser, de filtrer puis de remplir un bocal à conserver au frais. Adoucissante, astringente, antiride, elle offre de surcroît une odeur très agréable.
Le millepertuis ou herbe de la Saint Jean, réputée pour guérir les brûlures, est aussi appelé « chasse diable » car on peut l’utiliser pour chasser l’anxiété et la dépression. Faire macérer les fleurs dans l’huile d’olive et utiliser sur les plaies, les blessures et les brûlures.
L’arnica, hélas maintenant difficile à trouver, est réputé dans la pharmacopée traditionnelle pour soigner les hématomes. Il faut laisser macérer les fleurs pendant quelques jours dans de l’alcool et filtrer. Ma mère en a toujours en réserve dans son placard.
Quant à la bourrache poilue aux délicates fleurs bleues, qui adore le soleil, ses jeunes feuilles se consomment en salade ; elle agrémente les omelettes et les salades composées ; son huile est utilisée en cosmétique contre le vieillissement de la peau et elle a des propriétés antifongiques reconnues.
Le must, c’est le vinaigre des quatre voleurs. Imaginez vous que ces quatre frères ont échappé à la peste de 1700 et ont ainsi pu détrousser les cadavres et se remplir tranquillement les poches… Ils avaient un secret : leur mère imprégnait leur mouchoir et badigeonnait leur peau avec le fameux vinaigre ! Tout simple à réaliser : faire infuser dans le vinaigre, lavande, absinthe, sarriette, romarin, sauge, ail, menthe, cannelle, clous de girofle et camphre. D’ailleurs le vinaigre des quatre voleurs fut reconnu en pharmacologie et inscrit au codex en 1748.
Alors, toutes et tous à vos fioles pour confectionner ce remède miracle qui protège contre les épidémies, les maladies contagieuses, la grippe, désinfecte les plaies, élimine poux et lentes, soulage les piqures d’insectes et les démangeaisons, fait briller vos cheveux, assainit votre cuir chevelu et assaisonne les salades…
Une soupe à l’ortie, du vin de sureau, du kéfir, une multitude de gâteaux circulaient entre les participants qui choisissaient leurs plants de tomates, leurs jeunes cèdres, leurs potimarrons, leurs graines… Tout en échangeant des savoir-faire et des recettes ancestrales toutes bêtes souvent oubliées et nous reliant à notre terre mère thérapeute : ce moment fut un vrai régal.
Un petit tour du Garn aux maisons de pierres grises, un arrêt pour admirer un cerisier d’ornement, quelques arbres de Judée éclatants dans l’écrin des chênes, des aubépines odorantes… Puis, en route pour planter toutes ces petites merveilles qui vont éclore et produire très prochainement.
Merci à Françoise pour son accueil et son charisme.
