Le Voleur de Morts de Tess Gerritsen
Tess Gerritsen, Le Voleur de Morts
De nos jours, Julia Hamill achète une maison entourée d’un grand jardin. Son mari vient de la quitter. Sa sœur Vicky qui se mêle toujours de ce qui ne la regarde pas, lui reproche son choix, d’autant qu’en creusant pour planter des fleurs, Julia trouve un squelette …
En 1830, Aurnia Connolly meurt en donnant naissance à une petite fille : Meggie.
La fièvre puerpérale dite « fièvre des couches » fait rage, arrachant la vie de nombreuses femmes. Rose, la sœur d’Aurnia enterre décemment celle-ci grâce à un médaillon que lui laisse la morte. Agnes Poole essaie de récupérer l’enfant mais Rose tient à garder sa nièce. Dès lors, elle est recherchée et se cache.
Sur la table de dissection, à la faculté de médecine de Boston, Norris Marshall un étudiant pauvre, reconnaît Aurnia qu’il a soignée à l’hôpital.
— Pour vous montrer les merveilles de l’appareil digestif, j’aimerais que mon assistant prenne le bout de l’intestin grêle et remonte l’allée aussi loin qu’il pourra » demande le professeur.
L’élève déroule le boyau comme s’il s’agissait d’une corde…
— Il fait environ six mètres ! Chacun de vous a dans son abdomen cet organe merveilleux.
Julia cherche à identifier le squelette déterré dans son jardin. Elle rencontre Henry Page, un des descendants de Hilda la dernière propriétaire de la maison construite en 1880, pour Margaret Tate Page.
La vue du sang ne fait pas trembler Norris. Il en a vu sa part dans la remise de la ferme où on abat les bêtes. Norris souffre de l’absence de sa mère Sophia qui l’a abandonné. Pour financer ses études, il se fait embaucher par Jack le bigleux qui est profanateur de sépultures autrement dit voleur de cadavres : un métier risqué. Mais, de nouvelles écoles de médecine s’ouvrent, les étudiants ont besoin de macchabés. En France, on dissèque des cadavres frais, mais à Boston des spécimens saumurés, dont la chair se détache quasiment des os…
Fanny, la femme de Jack est tenancière du Black Spar, une taverne mal famée. Un soir, un matelot ivre mort tombe de sa chaise. Il a cessé de respirer. La fraîcheur exceptionnelle de ce spécimen rapporte gros à Jack.
Le docteur Grenville doyen de l’université remarque les talents de Norris et le dégoût de son neveu Charles Lackaway contraint de faire sa médecine contre son gré. Charles se coupe en disséquant un cadavre, contracte une infection qui lui vaut une amputation. Je vous passe les détails de la boucherie… Sa mère Éliza, la sœur de Grenville veille jalousement sur ce fils unique.
Agnès Poole, Mary Robinson puis le docteur Nathaniel Berry sont sauvagement assassinés. La terreur s’installe. Le faucheur du West End sévit.
Rose se cache dans des taudis. La petite Meggie est en nourrice. Olivier Wendell Holmes suggère que la fièvre puerpérale est propagée par les germes des mains sales des praticiens.
Norris meurt. Jack qui avait soigneusement épargné pour s’offrir un cercueil en plomb, une cage en fer et un surveillant de tombeau afin de déjouer les tentatives des voleurs de cadavres, qui s’était juré qu’aucun anatomiste ne lui ouvrirait le ventre ou ne tailladerait sa chair part pour la potence sous l’œil indifférent de Fanny.
Comme dans la vie, les apparences sont trompeuses ; les gentils ne sont pas aussi aimables qu’on le croit. L’irlandaise Rose, immigrée en haillons, pleure son amour et veille sur Margaret. Aldous Grenville s’en tire avec les honneurs. Charles devient poète comme il le désirait. Quand au squelette du jardin, il n’est autre que celui d’une femme accablée. Norris est mort trop tôt pour l’apprendre.
Dans un va et vient incessant entre le passé et le présent, ce livre bien ficelé demande toute l’attention de la lectrice pour comprendre les méandres de l’histoire.
