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Nicole Faucon-Pellet était à Bouchet

11 Janvier 2013 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #coup de coeur

A la bibliothèque de Bouchet

Le 10 janvier 2013, j’étais l’invitée de la Société de Lecture de Bouchet, un sympathique petit village de la Drôme dite Provençale, entouré de vignes, à côté de Suze la Rousse. Une trentaine de lectrices et lecteurs (en majorité des femmes) ont répondu présent à l’appel.

J’ai parlé de mes livres, de ma manière d’écrire, de mes recherches, de mes enquêtes, de mes pépinières : une façon personnelle d’appeler les endroits (en général des dossiers sur mon ordinateur) où je stocke des informations diverses et variées que je pioche au gré de mes envies ou de mes besoins. Cela me rappelle un peu le garde-manger de ma grand-mère, à Richerenches qui abritait de quoi recevoir les invités surprise : quelques œufs, des olives dans leur jarre, un jambon et quelques saucisses qui séchaient sur la tringle du plafond, des fromages de chèvres dans leur cage en grille pour les protéger de la voracité des mouches…

J’ai parlé de mes chats, de mes animaux truffiers si présents dans mon dernier livre, de mes voyages, source d’inspiration, avec la Finlande pour le Loup de la Baltique, le Maroc pour mes Rabassière, l’Ouganda où l’un de mes personnages est exilé dans mon Fournil de César.

J’ai raconté des anecdotes liées à la réalisation de certains de mes romans ; de mes déboires lors de la publication de mon premier livre, un recueil de nouvelles, publié en 1985 par Le Regard du Monde et intitulé Terre d’Ardèche, Terre de Passions. Ne le cherchez pas il est épuisé et sera peut-être réédité après mon décès. Inch’Allah…

Á l’époque j’étais jeune, insouciante, mon livre relatait sans fioriture des histoires locales. Á sa publication, j’ai eu l’impression d’avoir dévoilé un secret de famille sur la place publique ! Cet inoubliable Terre d’Ardèche, Terre de Passions m’a valu autant d’ennuis et d’animosités qu’il a enrichi mon expérience. Maintenant, jamais au grand jamais, je ne décris les personnages tels qu’ils sont : le blond devient brun, le grand est petit, le filiforme a de l’embonpoint, le moustachu devient imberbe… et moi j’ai pris 30 ans ! Tout ce public qui s’était déplacé pour m’écouter à Bouchet m’a émue, j’ai eu envie de lui donner le meilleur de moi-même. Pour moi c’est un bel encouragement pour remettre tous les matins, vingt fois sur le métier mon ouvrage.

N’est ce pas Nicolas Boileau qui écrivait dans l'art poétique entre 1636 et 1711 ce célèbre poème :

« Surtout qu'en vos écrits la langue soit révérée

Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.

En vain vous me frappez d'un son mélodieux,

Si le terme est impropre, ou le tour vicieux.

Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ;

Polissez-le sans cesse et le repolissez :

Ajoutez quelques fois et souvent effacez.

C'est peu qu'en un ouvrage où les fautes fourmillent,

Des traits d'esprit semés de temps en temps pétillent.

Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu ;

Que le début, la fin répondent au milieu ;

Que d'un art délicat les pièces assorties

N'y forment qu'un seul tout de diverses parties ».

Aujourd’hui les méthodes ont changé, l’ordinateur a remplacé la plume d’oie et la machine à écrire mais les auteurs remettent quand même vingt fois sur le métier leur ouvrage.

Bousquetainnes et Bousquetins, je ne vous oublierai pas, je vous remercie pour votre accueil chaleureux et vos encouragements.

A bientôt.

à Bouchet avec la Société de Lecture

à Bouchet avec la Société de Lecture

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