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En Mauritanie avec Point Afrique

2 Avril 2018 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #coup de coeur, #voyages, #Mauritanie, #Chinguetti, #Maaden

Mauritanie,
Alchimie du sable et du palmier

 

    J’en reviens, émerveillée par ces immensités de regs et d’ergs. Un petit morceau d’Adrar, entrevu sans comprendre le système complexe qui sous-tend les relations sociales et l’organisation politique : les castes, les familles, les clans, l’islam doux qui règle la journée de ses cinq prières, le cérémonial du thé à la menthe, le couscous mauritanien, les bivouacs sous les étoiles, les femmes en melhafas bariolées, les hommes aux sourires séducteurs dont les grands boubous s’agitent dans le vent…

Les habitants sont à l’image du pays : aussi pacifiques que leur patrie est aride. Dans les palmerais, les motopompes fonctionnent à plein régime pour que s’épanouissent les dattes qui seront cueillies dans quelques mois au cours de la guetna, l’activité maîtresse de l’année, rassemblant gens des villes et nomades autour de l’arbre roi : le palmier dattier.   

 

    De passage à Maaden El-Ervane, l’endroit choisi par Maurice Freund et Pierre Rahbi, pour continuer l’expérience menée à Gorom Gorom, au Burkina Faso, expérience interrompue par la mort de Thomas Sankara. Pris en étau entre les falaises noires et la langue de sable qui abrite jardins et palmeraie, les 700 habitants de Maaden bataillent ferme pour faire pousser les légumes, éduquer les enfants et bousculer un peu le système des relations : ici, hommes et femmes se serrent la main ce qui n’est pas le cas partout, la collaboration n’est pas un mot vide de sens et quand les panneaux solaires sont en panne, la matrone accouche la nuit à la torche… Dans ce lieu atypique, crée dans les années 1960 par un maître soufi nommé Cheikh Mohamed Lemine Ould Sidina, on continue à honorer le créateur : le soir des cérémonies soufies réunissent les gens autour des chants de louanges tandis que les Maures, en grand boubou clair, se déplacent sous le ciel étoilé, robes agitées par le vent et ailes déployées comme des chauves souris fantasmagoriques. 

 

    Un bivouac au pied de la grande dune d’Azuega que le vent ride sans cesse ; quelques étoiles filantes passent dans le ciel ; la lune est en forme de calebasse ; le scarabée Bakar le tezrague m’intrigue. Abdou mijote un couscous mauritanien, assis en tailleur devant le feu, au milieu du désert.

 

    À M’heirith, les palmiers serpentent sur des kilomètres, soigneusement clôturés par des haies de branches ou de banco pour protéger les dattes vertes de la dent des chameaux gourmands. Des chemins sablonneux invitent à la promenade.

 

    Plus loin, tandis que la montagne Zarga se dessine à travers le vent de sable, Ahmed fait un thé à l’abri d’un épineux, avec les moyens du bord, les mains en coque autour de la flamme.

Le calotropis dit pommier de Sodome est en fleurs. J’ai bien l’impression que chameaux et chèvres le délaissent.

 

    Chinguetti ensablée reprend des couleurs. Deux femmes d’exception : Sylvette la créatrice de La Gueïla, une maison d’hôtes où il fait bon vivre, construite selon l’architecture locale, et Ginette la confiturière qui a perdu ses palmiers au cours d’une inondation (et oui, parfois les oueds se mettent en colère !) et s’est reconvertie dans la fabrication de confiture.

 

    À Tanouchert, trente familles vivent autour de Chighali qui fait office de boulanger, de menuisier, de maçon et parfois de chanteur le soir. Seule, la tête des palmiers dépasse de la dune qui s’est déplacée et grignote la végétation.

 

    Ouadane restaure doucement les ruines du vieux village face à la vallée qui abrite maintenant les nouveaux quartiers. Là,  Zeïda, une Maure, mène de main de maîtresse femme, son auberge Vasque. Outre qu’elle participe à la vie de la cité, Zeïda fait partie des battantes qui parlent haut et fort et montrent l’exemple de l’émancipation des femmes.

Les dattes produites à Ouadane sont comme confites ; ce sont les meilleures de la région ; elles s’appellent sikani et il est conseillé de les manger à jeun, a dit le Prophète.

 

    Dernière nuit à Azougui chez Kassen qui a crée l’auberge Médina, isolée au pied de la dune. J’ai le choix entre dormir dans un tikit ou une mehmate, le premier étant un cône sphérique recouvert de sbat ou herbe à chameau et le second une maison à deux pentes.

 

    Une visite au centre de nutrition dans la banlieue d’Atar, où Fatimatou donne la bouillie journalière à une soixantaine d’enfants pour qui c’est souvent le seul repas journalier.

 

    La pauvreté, dissimulée sous la gentillesse et le sourire des Maures ; la modestie et le fatalisme, partie intégrante de la sagesse séculaire, la Mauritanie adopte le ton de la sagesse.

    L’avion est revenu cette année, l’avion de Point Afrique, l’avion de Maurice Freund, celui qui œuvre sans relâche pour que la zone revive enfin. L’infatigable Kadi Mehdi, logisticien, chef d’escale et négociateur s’active sans compter pour que tout tourne rond. L’espoir est revenu en terres mauritaniennes. Allez-y, vous serez conquis. Et en sécurité.

Nicole Faucon-Pellet, le 02/04/2018

 

Pour plus d'informations :

     https://point-afrique.fr/

     facebook : https://www.facebook.com/pointafriquevoyages/

 

Mauritanie, photos @nicole faucon-pellet
Mauritanie, photos @nicole faucon-pellet

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