Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
nicole-faucon-pellet.overblog.com

La Coupo santo a accompgné Jean-Louis Fioc

25 Février 2018 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #coup de coeur, #coup de geule

Adieu Jean-Louis Fioc
 

Des hommes comme lui, j’en ai rencontré peu au cours de ma vie. L’inoubliable Jean-Louis Fioc ne passait pas inaperçu. Héritier d’une longue tradition de ruraux, il avait tout naturellement pris le relai. Combien sont-ils de père a avoir passé le flambeau au fils ? Peu. Combien sont-elles de mère a avoir insufflé à leur fille leur passion ? Très peu.

Il me paraissait un homme heureux de vivre, s’exprimant dans sa langue : ce provençal cher à son cœur, un brin de malice toujours au fond de la pupille, le verbe haut et le sourire charmeur. Ce provençal qu’il parlait, il ne l’avait pas appris dans les universités, il l’avait tété à la mamelle de sa mère, il coulait limpide et naturel comme une source jaillie de la terre.

 

Des hommes comme lui, j’en ai rencontré peu au cours de ma vie. Charismatique il était. C’était un paysan, un vrai, un authentique, pour reprendre les mots débiles des imbéciles ; un être bien dans sa peau qui croyait en ce qu’il vivait et en ce qu’il racontait ; qui espinchait partout à la recherche de ses frères, ces poètes, ces journalistes, ces écrivains, tous ceux de la lignée qui avaient œuvré pour que perdure une culture de plus en plus menacée par l’uniformisation planétaire.

Comme pas un, ce capricorne né un 17 janvier 1942, pouvait parler pendant des heures des cigales, des lavandes, des plantes aromatiques, des truffes ; jamais son discours n’était long ou ennuyeux. On buvait sur ses lèvres ses phrases dignes d’un troubadour ; le silence se faisait sans qu’il soit besoin de le demander.

 

Alors, quoi de plus naturel que d’aller le saluer là-bas dans son Montségur tant aimé où une cérémonie devait lui rendre hommage à l’église du village ce samedi après-midi.

En guise de cérémonie, ce fut un épouvantable long moment, orchestré par un pseudo curé qui n’en finissait pas de parler pour ne rien dire. J’ai cru un moment qu’il allait prendre en otage l’énorme foule dont une bonne partie attendait sur le parvis dans le froid. Commencé à 14H30, la torture n’était pas terminée à 16H30 quand j’ai quitté les lieux, à bout de nerfs.

La première partie a commencé avec les témoignages de ses amies, de ses amis, de ses collègues de travail, des gens de l’association L’escolo di lavando, de ses collègues pompiers, d’un camarade félibre : tous ont été brefs, corrects et émus.

Puis le spectacle s’est éternisé en affligeante mascarade du curaillon, hachée de bondieuseries et de soi-disant paraboles, la meilleure étant le cadeau d’un grain de blé et des explications très discutables sur la Coupo Santo devant un parterre de convaincu : une fausse messe pour enfants de maternelle.

Le mieux est l’ennemi du bien : je confirme.

Il a quand même eu droit à son hymne national l’ami Jean-Louis, mais qu’à-t-il fait au bon Dieu pour obtenir, en guise d’oraison funèbre, un tel moment de médiocrité ?

Franchement, il n’avait pas mérité une tartuferie pareille.

 

 

Jean-Louis Fioc.

Jean-Louis Fioc.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article