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Visite du Château de Grignan en Provençal

25 Janvier 2014 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #coup de coeur

Vol au dessus du château de Grignan,

Ce vendredi 24 janvier, Jaumette Hubert organisait une visite du château de Grignan en provençal. Cette démarche originale présentait une Madame de Sévigné intime que l’histoire officielle ne dévoile pas toujours.

Marie de Rabutin Chantal n’aimait pas la langue du pays : le provençal, que tout le monde parlait à Grignan au XVII° siècle.

D’ailleurs quand le grand Racine est « descendu » dans le Midi, il a bien remarqué qu’on ne parlait plus le français au sud de Valence, et quand il a demandé un pot de chambre et on lui a apporté une chaufferette !

Madame de Sévigné n’aimait pas non plus le climat du pays, exécrait le mistral et la pluie et craignait le froid du château.

Elle était par ailleurs fort autoritaire et ne mâchait pas ses mots. Ici on marche sur la tête du Seigneur, disait elle, car la collégiale est au dessous du château.

Elle réprouvait également les coutumes mortuaires provençales et tremblait à l’idée de mourir au château de Grignan. Ce que l’on redoute arrive souvent ; la Marquise mourut en avril 1696 de la petite vérole au château de Grignan et fut inhumée à la collégiale où pendant la révolution elle fut déterrée et décapitée…

Son statut de veuve du Marquis de Sévigné (qui l’avait ruinée et perdit la vie au cours d’un duel) et sa jeunesse avaient l’avantage de lui donner une grande liberté.

Madame de Sévigné avait deux enfants : Charles et une Françoise Marguerite qui était très jolie, si jolie que Louis XIV l’aurait volontiers mise dans son lit. C’est pour échapper aux poursuites du roi que Madame de Sévigné la marie en 1669 avec François de Castellane, le comte de Grignan, déjà deux fois veuf et lieutenant général en Provence.

Mais l’absence de sa fille la désole, c’est ainsi qu’elle lui écrit pendant vingt cinq ans au rythme de deux ou trois lettres par semaine.

L’épistolière lui raconte la vie à la cour, lui envoie aussi des poupées habillées et coiffées à la mode parisienne pour que sa fille tienne son rang et échappe à sa « triste » condition de provinciale

Françoise Marguerite met au monde Marie-Blanche qui finit au couvent, Pauline qui devient Madame de Simiane et Louis Provence marié à la fille d’un fermier général.

Madame de Sévigné passe de longs mois chez sa fille au château de Grignan.

La visite était complétée par les commentaires en français de Laurence Arnaud, médiatrice au château, qui nous a guidé dans un véritable labyrinthe, d’antichambres en chambres, de cabinets en salons.

À l’époque on recevait et conversait autour du lit dans lequel trônait, fardée et bien habillée, la maîtresse des lieux. Autour de la couche, dans la ruelle, des chaises attendaient les visiteurs.

De quoi se rincer l’œil : des meubles d’apparat dont un cabinet aux nombreux tiroirs, une cheminée en bois sculpté, un précieux meuble en ébène (d’où le mot ébéniste est tiré), un lit à la polonaise incitant à la sieste, à la lecture et à la prière, des tapisseries d’Aubusson, des lits à baldaquin ornés de tentures en soie peintes, un beau brasero, une collection de vaisselle en porcelaine de Chine…

La visite se termine par la galerie des Adhémar qui abrite la peinture de Marie Fontaine, une riche veuve qui s’est attaquée à partir de 1912 à la restauration du château démantelé pendant la révolution.

Il sera racheté en 1979 par le Département de la Drôme.

J’aimerai suggérer à Jaumette de dire un mot de la grotte de Rochecourbière toute proche. Là les châtelains allaient se reposer, pique-niquer, Madame de Sévigné aimait écrire sur la table de pierre qui doit toujours s’y trouver. Rochecourbière fait partie de mes souvenirs d’enfance.

Une belle visite agrémentée d’une vue magnifique sur le Ventoux, sur la tour de Chamaret et les dentelles de Montmirail se détachant à l’horizon dans un ciel d’hiver de Provence.

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Madame de Sévigné n’aimait pas non plus le climat du pays, exécrait le mistral
Madame de Sévigné n’aimait pas non plus le climat du pays, exécrait le mistral
Madame de Sévigné n’aimait pas non plus le climat du pays, exécrait le mistral
Madame de Sévigné n’aimait pas non plus le climat du pays, exécrait le mistral

Madame de Sévigné n’aimait pas non plus le climat du pays, exécrait le mistral

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