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Les encombrants de Marie Sabine Roger

25 Août 2013 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu

De Marie Sabine Roger, Les encombrants

Sept petites nouvelles survolant la vieillesse.

Les enfants d’Éliette passent la voir en rentrant de vacances. Éliette se démène, fait un pot au feu achète une galette. Enfants et petits enfants restent une heure et s’en vont, délaissant le pot au feu mais emportant une caisse de souvenirs.  

Léonard le vieil acariâtre crie qu’il faut fermer la porte, qu’il a froid. Léonard c’est la compagnon d’Éliette, c’est un mainate qui met des saletés partout, gueule sans arrêt, gratte à n’en plus finir.

Une garde de Nuit c’est Madame Lemasson, une sournoise qui gifle, qui cogne sans jamais laisser de trace. Elle est garde de nuit dans une maison de retraite. Elle a de la pratique, elle est maligne. « Elle déteste tout chez les vieux : leurs paupières abattues et pleines de faux plis, leurs joues bleues, leurs yeux tristes, fuyants. Troubles et morts. Leur profil de momie. Leur maigreur cachectique, qui la met mal à l’aise et lui fait presque peur. Leur crâne déplumé, cheveux fins de bébé, mais friables et ternes. Leur front d’ivoire gris et luisant sous la lampe. »

Son père va fêter ses quatre vingt-neuf ans en maison de retraite. Elle vient lui rendre visite mais « lorsqu’elle part, elle a des visions de chenil, d’abandon, de sale débandade. Elle pleure dans la voiture. Puis la vie reprend son cours. »

Et sa culpabilité s’estompe.

On n’a pas tous les jours cent ans, mais « le centenaire, ça donne toujours un petit coup de pouce à la liste d’attente des maisons de retraite. »  Le député maire se déplace pour un discours et même la télé parfois. Antonine Vivieux, la centenaire manucurée, maquillée se souvient de sa grande maison où travaillaient ses filles…

Rose thé, c’est le retour du narrateur dans la maison de son enfance et de sa mère. « De si petites choses, pour tenir la mémoire hors de l’eau ». C’est ma nouvelle préférée, toute en subtilité, en finesse et qui s’achève ainsi :

« On dirait une rose blanche

Qu’aurait fait rougir de pudeur

En la lutinant sur la branche

Un papillon trop plein d’ardeur… »

Vic, ce maudit chien adopté par Georges pour tromper son ennui et sa solitude, « bien qu’un chien, ça ne remplace par une épouse ». Vic s’échappe souvent et Georges se dit qu’il aurait du le foutre dans le puits. Mais Vic se fait écraser et « Georges s’emmerdera, tout seul, pendant longtemps. »

Comment fait-elle ? Les choses s’inversent. La fille attend sa mère qui vieillit bien. « Et la regarde s’éloigner, petit lutin multicolore, auréolée de cheveux blancs ».

Certaines nouvelles font froid dans le dos. D’autres mettent du baume au cœur. Aucune ne laisse insensible. 

Elle déteste tout chez les vieux : leurs paupières abattues et pleines de faux plis, leurs joues bleues, leurs yeux tristes, fuyants.

Elle déteste tout chez les vieux : leurs paupières abattues et pleines de faux plis, leurs joues bleues, leurs yeux tristes, fuyants.

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