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lettre de René Gaspin à Nicole Faucon-Pellet

11 Novembre 2012 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #coup de coeur

Lettre de René Gaspin, un Gascon exilé en basse Ardèche qui caress lui aussi la plume, suite à sa lecture du dernier recueil de Nicole Faucon-Pellet :

NICOLE FAUCON PELLET ET LA GLOIRE DU TERROIR

« La « nouvelle », ce court récit centré sur un seul événement a connu son âge d’or en France au 19° siècle avec Alphonse Daudet, Maupassant et Mérimée. Aujourd’hui devenue parente pauvre du roman, elle a cédé le terrain aux littératures anglo-saxonnes et italiennes. Cette défection n’a pas découragé Nicole Faucon Pellet décidée à perpétuer la ligne tracée par ses illustres prédécesseurs.

Après deux recueils initiaux TERRE D’ARDECHE, TERRE DE PASSIONS et ARDECHE SOLEIL D’ORAGE, et une longue et belle échappée par le roman, elle revient avec plus de métier encore à ce genre particulier avec LE LOUP DE LA BALTIQUE. Sous sa plume, ce qui frappe pour l’essentiel de ces 5 nouvelles c’est ce que Giono appelait « sa préférence désespérée pour les objets de la terre ». Sur le sujet, elle nous dit tout. Au fil des pages, le lecteur se demande qui raconte. Est-ce Clémence qui dresse ses chats à la recherche des truffes ? Alice, la jeune fille qui apprivoise un blaireau ? Ou Anne, la détective qui enquête sur une mort mystérieuse au fin fond de la Finlande sous la neige ? Non, sous le masque de ces femmes attachantes, c’est Nicole qui raconte, ou plutôt qui transpose la vision de son être intérieur dans la réalité du terroir où elle vit, où elle combat, où elle aime.

Elle le fait avec concision et efficacité, hors des codes, des conventions, des convenances. Nous demeurons stupéfaits de la justesse quasi-parfaite de son vocabulaire. S’il existe, comme le disait Flaubert, qu’un seul mot pour décrire une chose, ce mot là, elle le trouve. Dans une communion qui porte en elle, une mystérieuse aura, elle met toute la terre dans son écriture. Grâce à ses minutieuses observations, les anciens se souviendront des paisibles matins d’hiver où le fourneau ronflait dans la cuisine, la chanson de l’eau dans la bouilloire, l’odeur du café, ou, au printemps dans la nature quand on sentait sur nos épaules le frôlement du tamaris avec ses longues branches souples balancées par le vent.

Nicole évoque dans ses descriptions nos émotions d’écoliers bercés par la lecture de romans champêtres de Georges Sand.

Il faut le dire, rares aujourd’hui les auteurs en vogue, capables comme elle de vivre et de transmettre les « vraies richesses » de la vie. La faune, la flore, cette truffe, symbole de ce trésor que la nature offre à celui qui sait la découvrir. Aussi s’élève-t-elle au passage contre les hordes d’envahisseurs qui décomposent le patrimoine ancestral, le paysage, ses racines immuables.

Même dans sa nouvelle finale, une enquête policière à suspense garanti, avec ce loup dévorant que l’on ne voit jamais, loin de sa terre d’Ardèche, elle la porte tant en elle, que le froid et la neige de Finlande, sans la dépayser, lui offrent encore un sujet d’émerveillement.

Nicole, à la lisière des désastres qu’elle flaire en experte rabassière, n’ignore pas où se trouve la beauté. Elle nous la transmet en un chant du monde présent dans toutes ses pages qui sont aussi un chant d’amour.

RENÉ GASPIN

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de droite à gauche : René Gaspin, Nicole Faucon-Pellet et Basile ALINE

de droite à gauche : René Gaspin, Nicole Faucon-Pellet et Basile ALINE

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