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Du bonheur de l'espèce animale

8 Avril 2016 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #coup de coeur

Hommage à mes compagnons

Ma galline handicapée

Bientôt un an que cette petite poule rousse a pris ses quartiers à La Coste pour notre plus grand plaisir. Elle a toute une histoire, imaginez-vous que je l’ai trouvé chez la coiffeuse du village ! Cette dernière me l’a proposée avant qu’elle ne passe à la casserole… Peuchère, avec son caractère indépendant, elle faisait mauvais ménage avec ses copines dont elle mangeait les œufs. Bien sûr j’ai accepté la proposition, d’autant qu’une cliente sous son casque m’a proposé très gentiment un poulailler.

Mon mari a commencé par crier au secours devant l’arrivée intempestive de cette bête, avant de se mettre à restaurer la cabane en bois, puis d’acheter du grain, puis, insidieusement de se laisser séduire au point de l’escorter à la chasse à la sauterelle et aux vers de terre dans notre grand terrain.

Cette indépendante a commencé par terroriser mes matous en les pourchassant. Maintenant, la cohabitation devient plus sereine sans toutefois atteindre le grand amour.

Victime jadis d’un accident, notre gallinou boite ; sa patte cassée lui donne une claudication toute particulière. Si à son arrivée, elle peinait à grimper les marches menant sur les terrasses, aujourd’hui, suffisamment musclée, elle franchit allégrement les obstacles. Toutefois, son handicap l’empêche de dormir sur un perchoir ; ce n’est donc pas une poule comme les autres et c’est bien ce qui fait son charme.

Nous avons un œuf tous les matins, si nous prenons garde à le récupérer rapidement…

Au moment du repas, galline vient frapper au carreau pour réclamer sa pitance et n’hésite pas à rentrer dans la maison si la porte reste ouverte. On l’a souvent récupérée sur le tapis du séjour mais ses gloussements la dénoncent vite.

Malgré sa très grande liberté, elle adore nous laisser des petits cadeaux, de préférence devant l’entrée… Mes massifs profitent de cette aubaine.

Des amours de chats

Mes matous viennent de fêter leur 14 ans : 98 ans en âge humain ; des ancêtres donc, que je soigne avec une affection sans faille. Et ils me le rendent bien, avec leur ronron, leur mimique, leur expression, leur grâce de félin. C’est que depuis le temps, la communication passe bien. Je comprends tout de leur état d’âme ; eux aussi partagent mes joies et mes chagrins, mes siestes sous la couette, mes lectures et les visites de mes amies. 

Rouquinou, gros nonchalant ne chasse plus guère, hésite à bondir jusqu’à mon établi. Doux comme la soie, il dort beaucoup et souffre de rhumatismes. Je n’ai jamais réussi à l’empêcher de planter ses griffes pour demander des caresses.

Grisou est un aventurier, il n’a rien perdu de sa vitalité au point de ramener régulièrement des souris. Il n’hésite pas à nous escorter sous les truffiers et au jardin. C’est mon partenaire d’écriture ; il prend place juste à côté de l’écran ; parfois, d’un coup de patte intempestif il ajoute un point d’exclamation dans mes compositions, d’autres fois il s’allonge avec désinvolture au point de prendre toute la place. Grisou adore les angles des couvertures de livres pour s’y frotter la moustache, mais pas n’importe quelle édition, de préférence les gros romans aux bonnes couvertures cartonnées style Gallimard. Il adore se coucher sur ma page lorsque je bouquine près de la cheminée, à la table du séjour ; je dois alors lui ouvrir le journal, alors il accepte de déménager pour une sieste sur le papier.

Ces deux amours, même père, même mère comme on dit en Afrique, n’ont pas du tout le même caractère ; toutefois ils s’adorent, se toilettent mutuellement, dorment tête contre tête et de temps en temps se foutent une rouste.

Iseult, une brebis atypique

Il y a longtemps, lorsque j’étais bergère, une brebis a accouché dans la garrigue. J’ai ramené, suivie par la mère inquiète, l’agnelle dans mes bras jusqu’à la bergerie. Un signe bien particulier marquait de son sceau la nouvelle née : une de ses oreilles était quasiment rousse. La petite m’a tapée dans l’œil ; nous sommes devenues inséparables. Je l’ai baptisé Iseult. Sa croissance terminée, une clochette au cou, elle menait le troupeau, toujours à mes côtés. Elle avait une prédilection pour les feuilles de cornouiller sanguin dont le maigre tronc porte des branches haut perchées. Je m’amusais à les lui courber pour qu’elle se régale en compagnie des quelques chèvres présentes.

A-t-elle trouvé son Tristan ? Je ne le sais pas, malheureusement. Alors qu’elle n’était pas encore tout à fait adulte, j’ai quitté la ferme, abandonnant mon agnelle chérie que je n’ai jamais oubliée. Il me reste, au fond d’une boite, la sonnaille d’Iseult.  

Vivre avec les animaux : une thérapie

C’est pour moi un vrai plaisir, un retour aux  valeurs fondamentales. Les regarder vivre, les écouter, admirer leurs poses, développer une communication, s’esclaffer face à leurs mimiques, marcher en leur compagnie : une magie de tous les instants. Ces compagnons m’apportent beaucoup ; j’aimerais augmenter leur nombre : dresser un chien pour aller aux truffes, prendre une chèvre et quelques brebis...

Vivre avec les animaux : une thérapie.
Vivre avec les animaux : une thérapie.

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S
Merci Nicole pour ces jolies histoires d'animaux !
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