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Haruki Murakami : Le passage de nuit

15 Février 2014 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet

Le passage de nuit, Haruki Murakami

C’est le début de la nuit à Tokyo, Mari Assaï lit au Denny’s, un bistrot. Un homme jeune, grand, maigre, du genre chien bâtard, plutôt bon caractère, pas très vif s’assoit à sa table. Il joue du trombone, s’apprête à aller en répétition.

Il s’appelle Takahashi et connaît Éri la sœur de Mari.

Éri exceptionnellement jolie dort profondément dans son lit. Notre œil-caméra s’attarde consciencieusement sur chacun des objets de sa chambre.

Kaoru, une ex catcheuse professionnelle, charpentée comme un hangar à outils agricoles, travaille au love-hôtel et aborde Mari qui parle chinois couramment : une prostituée a eu un problème.

Koorogi pense que les psychopathes dans le genre de celui qui vient de cogner la petite chinoise, le pourri des boules, faut le choper et le tabasser.

L’homme sans visage continue à regarder Éri endormie.

Takahashi parle avec Mari dans le square plein de chats.

Éri totalement immobile continue à dormir. Nous observons la scène à travers l’écran de la télévision puis nous traversons l’écran qui sépare les deux mondes, avant de nous éloigner progressivement et de continuer à reculer toujours plus loin.

Entre Éri et les autres se dresse une sorte de paroi spongieuse, transparente.

L’informaticien Shirakawa met tous ses sens en mode veille, son esprit en attente. Dans un sac poubelle, il entasse les vêtements de la prostituée chinoise qu’il jette et abandonne son portable au rayon fromage d’un hyper marché.

Takahashi raconte à Mari que sa mère est décédée quand il avait sept ans. Son père était alors en prison, c’était comme un grand placard sombre, qui faisait peur, qui attirait le malheur.

Koorogi est en fuite. Elle se confie à Mari, lui montre son dos où trois traits en éventail ont été appliqués au fer rouge. Elle lui parle de la mémoire : quelque chose de bizarre, comme si tu entassais dans un tiroir un tas de trucs inutiles. Mari explique à Koorogi que sa sœur dort depuis deux mois et que elle, n’arrive plus à dormir.

La nuit s’achève. La succession d’événements étrange qui s’est produite semble maintenant complètement achevée.

Takahashi répond au portable abandonné au rayon fromage.

Un nouveau jour semble sur le point d’arriver mais l’ancien porte encore sa lourde traîne.

Nos vies ne sont pas découpées simplement en « sombre » et « lumineux ». Il y a une zone intermédiaire qui s’appelle « clair-obscur » dit Takahashi.

Mari s’apprête à partir à Pékin pour participer à un échange avec une université. Takahashi l’attendra.

Elle rentre à sa maison, se sentant terriblement coupable de quelque chose. Ses larmes coulent, tièdes comme du sang. Elle s’allonge contre Éri toujours endormie. Alors le sommeil survient du large comme une grande vague tendre. La lumière abondante du matin nettoie le monde de fond en comble. Les jeunes sœurs dorment paisiblement, dans un petit lit, blotties l’une contre l’autre.

Le monde de Murakami est étrange, ici comme dans ses autres livres. Cette fiction d’atmosphère, entre réalité et rêve me laisse une drôle d’impression. Je cherche une explication alors que je devrais me laisser aller, me couler dans le récit de ce Japonais particulier. Je vais apprendre. Toujours est-il que le style Murakami est unique.

Il joue du trombone...

Il joue du trombone...

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