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Françoise Vergier à Saint-Restitut j'usqu'au 15 août

7 Juin 2016 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #coup de coeur

Le printemps ça revient toujours

Au centre d’art contemporain de Saint-Restitut

Une vieille amitié

J’ai suivi Françoise Vergier au cours de sa carrière d’artiste. Nous avons partagé les mêmes bancs scolaires. Au lycée déjà, elle s’isolait pour jouer de la flûte traversière pendant que les autres flemmardaient ou somnolaient sur les pelouses fleuries de pâquerettes.

Elle habitait une ferme non loin de la mienne, isolée sur les coteaux d’où l’on admirait le château de Madame de Sévigné. Elle était la cadette d’une grande tribu de 7 enfants ; j’étais très proche d’Henri, son frère qu’elle a immortalisé juste avant qu’il ne s’envole trop tôt, en 2004.

Une expo à ne pas manquer

Françoise Vergier expose au centre d’art contemporain de Saint-Restitut jusqu’au 15 août. Ce dimanche 5 juin, pour le lancement de Le printemps ça revient toujours, elle s’est livrée sans fioriture, répondant aux questions posées sur son art, sa vie, sa sensibilité, sa fibre. Elle n’avait rien préparé, déclarait timidement ne pas savoir parler en public ; n’empêche qu’elle a réussi à exprimer ses sentiments, en toute modestie, tandis qu’un rire illuminait son visage et plissait ses yeux. Face à un auditoire attentif, elle a dévoilé un peu de son inspiration qu’elle puise inlassablement dans les paysages drômois, dans une enfance frugale mais heureuse, dans son appartenance au monde, dans son écoute de la violence.   

Une artiste aux multiples talents

À la fois sculpteur, dessinatrice, peintre, Françoise Vergier situe son œuvre au milieu de deux pôles contradictoires ; une œuvre tendue et longuement réfléchie qui murit lentement, douloureusement, au fil de ses émotions et du déroulement du monde. Ainsi elle n’hésite pas à « se hâter lentement et sans perdre courage, vingt fois sur le métier, remettre son ouvrage, le polir sans cesse et le repolir, ajouter quelquefois et souvent à effacer. »  

Elle pense par images. Et sous sa douceur apparente, elle peut griffer, comme le démontre sa respiration du monde.

Où allons nous avec sa pivoine rouge, évoque une idée de la guerre, du cœur, du sang.

Presque toutes ses peintures sont dans des cercles, des sphères qui rappellent la femme enceinte. On sent la paysanne marquée à jamais par la lune rousse qui monte dans le ciel : un de ses premiers chocs ; une de ses premières émotions d’enfant, dont se moquait son entourage. Cette lune ronde est la compagne de travail de Françoise qui regarde comme à travers un cerceau.

Des branches de chêne, des feuilles, des collines ventrues s’entremêlent aux couleurs.

La terre, le corps, la chair

Outre la terre, source d’inspiration inépuisable, l’artiste explore sans fin le corps féminin.

Trois de ses vénus de la place Tarhir, regardent le ciel et gisent, bras en arrière, buste à demi dressé, au sous-sol de la galerie. Un moment de silence s’impose en les contemplant, couchées, souffrantes, genou rouge, collines noires comme un feston sur les flancs.

Sa déesse du printemps, une terre cuite émaillée, porte fièrement une perruque de fils d’acier avec des perles, des feuilles.  

L’art est pour Françoise Vergier une opération de réincarnation, c’est sa manière de transformer les confidences. Elle a la détermination au cœur et au ventre ; elle sait attendre que macèrent les couleurs, que montent les mayonnaises de l’alchimie, que passe le temps.

Une très belle exposition à combiner avec la visite de Saint-Restitut, un beau village.

Le site de Françoise Vergier

à droite Françoise Vergier.

à droite Françoise Vergier.

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