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Michel Lacombe, auteur ardéchois prolifique

15 Mars 2016 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu

Les brûlots de paille de Michel Lacombe

Il ne passe pas inaperçu

Je l’ai souvent croisé au cours de fêtes du livre, ce grand barbu chenu et hirsute, sympathique et débonnaire. Prolifique, il est auteur d’une vingtaine de romans, mais, va savoir pourquoi, je ne l’avais jamais lu. Voilà qui est fait. J’ai commencé par L’inconnu du Vaccarès et continué par Les brûlots de paille dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui, la dernière page refermée.

Nous sommes en pays de Gex, à la montagne, là où des troupeaux de montbéliardes et de tachetées hantent les pentes. La vie est rude, l’ouvrage âpre. L’amodieur loue un alpage de montagne, collecte les vaches des particuliers et embauche du personnel pour fabriquer le fromage sur place. Il paie au paysan en fin de saison une somme convenue d’avance par tête de bétail.

Des personnages au caractère bien trempé

Le camelot Pierre Savagnon dit « Pierrot des fleurs » remonte la vallée de la Valserine, en direction du Jura, avec son âne Blanchon. C’est l’époque de la tisane d’octobre autrement dit les vendanges en pays de Gex. Et il s’embauche dans les fermes, histoire de dégourdir ses jambes et les sabots de sa monture. 

Maximin Chenaillet et sa jeune femme Élise sont installés à la Besancière. Élise a remis en service la fruitière, le lieu d’exploitation et de transformation du lait en fromage dans le Doubs, le Jura, la Savoie ou les Alpes suisses. Ses chevrets et ses gris se vendent bien et améliorent l’ordinaire. Épuisé par le travail, son vieil époux la néglige. Frustrée, elle se refugie dans les bras du camelot Pierrot des fleurs, infatigable don juan.

Dès lors, Maximin dépérit et abandonne tout.

Octave Vornez et ses deux fils Antoine et Thibaud vivent aux Fontanières, une ferme guère mieux lotie que celle de ses voisins. D’un caractère bougon, le vieil Octave dégringole vers la déprime ; Thibaud devient lapidaire, Antoine à son tour rejoint la ville.

Jules Reculet et son épouse Jeanne au Crépillon mènent une existence plus paisible grâce à leur nombreuse famille.

Un hymne à la terre natale

Si le quercynois Christian Signol enchante ses lecteurs au delà des frontières, nous avons ici aussi en Ardèche un Michel Lacombe capable de nous embarquer dans l’univers de la paysannerie.  

Avec beaucoup de tendresse, une grande sensibilité et une sensualité à fleur de plume, Michel Lacombe réussit le tour de force de rassembler tout son monde et de terminer son roman sur une note optimiste. C’est un hymne à la terre natale, un endroit où beaucoup passent leur vie et où beaucoup d’entre nous reviennent pour se reposer ou mourir.   

Même si l’on pense que la merde des autres est toujours meilleure, on revient toujours chier sur son tas de fumier ! Surtout lorsqu’on a de quoi vivre sans y tremper les mains… dit Jules Reculet, un des personnages des brûlots de paille.

Une cousine des montbéliardes.

Une cousine des montbéliardes.

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