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Des Occitans chez les Bretons

24 Mai 2015 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #coup de coeur

OC, BZH, voyage en Bretagne

Préambule,

On en parlait depuis longtemps, ça y est c’est fait. Avec deux amis de Garonne : Janine et Géli, nous avons visité un morceau de terre bretonne.

La langue, le nom des villes, les écoles diwan, les fest-noz, les enclos paroissiaux, les biscuits, les crêpes à la farine de sarrasin, les bolées de cidre, les kouign-amann, le far aux pruneaux, le chouchenn, le triskell, symbole celte par définition, équivalent de notre Oc … : tout est Breton en Bretagne.

Les Bretons savent qu’ils sont Bretons ; l’appellation « produits régionaux » terme stupide, mal adapté et si prisé dans le Midi est remplacée, tout simplement, par « produits Bretons ».

Les images d’Épinal continuent toutefois à assurer une mauvaise réputation à la Bretagne où, dit la tradition, il pleut toujours et règne le froid. En 15 jours, nous avons essuyé quelques grains et une température pas plus fraîche que ce 23 mai où souffle la bise sur l’Ardèche !

De Saint-Malo à Pleubian,

Nous avons découvert des criques de sable bordées de rochers noirs regorgeant d’huitres ; des pentes envahies de genêts et d’ajoncs jaunes qui viennent flirter avec la marée. Seulement le chant des oiseaux, paix garantie, absence totale de construction, aucun bétonnage.

Dans le vieux Saint-Malo, bouclé de remparts, nous avons admiré l’îlot du Grand Bé où Chateaubriand enterré debout face à la mer écoute les sirènes ; celui du Petit Bé construit par Vauban ; tous deux accessibles à pied à marée basse. La marée haute fouette les pierres et le barrage de poutres disposé à la verticale ; les austères demeures de granit contemplent La Manche. L’œil du photographe ardéchois apprécie.

À Saint-Lunaire où prospère une végétation de vipérine atteignant 3 mètres, un pêcheur m’a offert des pinces de homard et de dormeurs semblables à des manchots miniatures et m’a appris la différence entre la mouette rieuse ou sterne et le goéland avant de nous entraîner pour une grande promenade en bord de Manche.

Dans le jardin du musicien Jean Baron, grand sonneur de veuze et joueur d’ocarina, j’ai découvert les magnolias, les camélias aux fleurs semblables à des roses dont les pétales tombent très vite en formant un tapis rose, un rhododendron aux fleurs violettes, un céanothe d’un très beau bleu. Ici, il ne gèle jamais ! Nous avons dégusté le Glann ar Mor : un délicieux whisky breton élaboré sur les côtes de la Manche. Jean nous a guidés jusqu’à l’allée couverte de Men Ar Rompet, à côté de l’île aux poules : une ferme accessible à marée basse ; jusqu’au sillon de Talbert et à chaire calvaire de Pleubian. Et il nous a offert un concert exclusif pour nous quatre. Merci Jean.

Tréguier, les Monts d’Arrée, la presqu’île de Crozon,

À Tréguier, nous avons dormi dans une chambre dominant les toits d’ardoise pentus à côté du clocher de la cathédrale Saint-Tugdual, dont la maison des cloches, ajourée de motifs en forme de cœurs et de trèfles monte à l’assaut du ciel.

À Plestin-Les-Grèves j’ai fait provision de berniques ou chapeaux chinois, et par hasard nous avons admiré Commana son enclos paroissial et son église contenant 3 retables.

Dans les Monts d’Arrée, nous avons escaladé la montagne Saint-Michel ou Menez Mikael où une petite chapelle chapeauté d’ardoises domine le lac et la vallée ; à Huelgoat où l’étang abrite cygnes et canards, nous avons fait la connaissance de la roche tremblante et du champignon géant.

Depuis Brasparts, nous avons visité Douarnenez, pique-niqué à Cap Sizun face à la mer d’Iroise, rejoint Ploéven à côté de Quimper en pays glazik, capitale de Cornouaille, puis Plomodiern, Saint-Nic, Tel Ar Groas, Crozon et enfin Camaret-sur-Mer, sa plage de Veryach, ses méduses échouées, son manoir de Saint Pol Roux dont ne reste que 3 tours, son alignement mégalithique de Lagatiar. J’ai rencontré mon homonyme Anne Duvert auteur pour enfants, fortement impliquée dans la vie associative. La Pointe du Van, la Baie des Trépassés, la Pointe du Raz, face à l’île de Sein, la petite chapelle Saint-They corsetée de murs en granit assiste à la rencontre entre l’Océan Atlantique et la Manche : des paysages qui imposent le silence, aucune tentative touristique.

Locronan, Riec-sur-Belon, fest-noz,

À Locronan la belle aguicheuse, nous avons déniché la Librairie Celtique nichée au troisième étage, en haut de l’escalier en colimaçon d’une vieille bâtisse remplie d’antiquités et peuplée de korrigans.

Chez les Bélard de Plonévez-Porzac, un jardin unique, digne d’un artiste : une pelouse moelleuse, des menhirs, une mare, des passerelles, des allées constituées de rondins de bois reposant sur des débris de briques ocres ; toutes les plantes et arbres étiquetés d’une pique d’acier, fichée d’une ardoise indiquant leur nom et des tondeuses automatiques, des esclaves qui travaillent sans relâche avant d’aller à la niche pour recharger ses batteries ! Une découverte pour moi.

À Riec-Sur-Belon, les cannibales du groupe se régalent d’huitres plates, spécialité du cru. Araignées ou tourteaux, étrilles, clams, palourdes, vernis, bulots, amandes, bigorneaux, coques, homards sont au menu. Je déguste une soupe de poisson.

Au fest-noz de Le Juch, les Bretonnes et les Bretons dansent en se tenant par le petit doigt, exécutant de tous petits pas et agitant leurs bras, donnant une impression de chaleur, d’amitié, de force, de soudure. Gavotte glazik, gavotte d’honneur de Pontavel, an-dro, laridé, rondes de saint-Vincent ; joueurs de biniou et bombarde ; chanteuses et chanteurs animant de leur seule et puissante voix toute la salle. Une soirée inoubliable.

Eckmüht, Le Guivinec, la forêt de Brocéliande,

À l’extrémité de la baie d’Audierne, en pays Bigouden, à Plenmarc’h (tête de cheval en breton) et à Eckmüht avec ses 3 phares dont un à feu, nous avons rencontré les dentellières dont quelques unes brodent encore au point d’Irlande depuis la crise de la sardine en 1900.

Au Guilvinec, Bérénice II, Odessa Kan, Atao, Oxalis, Risten, Etervag, Patisaka, An Dyven, Elluma, Cap Coz II, Manathia, Le Commodore, Llatrix, Marval II, Truga Rez, Avel An Heol, Danube Bleu, Gas de Lescon, Guen-Emma… déchargent leurs cargaisons de poissons et crustacés dans une orchestration parfaite. À la coopérative maritime, on trouve de tout et aussi de la ficelle pour réparer les filets des pêcheurs, produit indispensable pour amarrer les poteries dans le jardin de La Coste lorsque sévit le mistral.

La forêt de Brocéliande vante « ses monuments mégalithiques, ses tertres tumulaires bordés de menhirs ». Là, la légende du Roi Arthur, de la fée Viviane, de Merlin l’enchanteur, du chevalier Lancelot et du roi Salomon s’affichent partout.

Au revoir les Bretons,

Je n’ai pas vu les phoques gris des sept îles, ni les macareux, ni les requins bleus ; je ne me suis pas assez attardée sur les rives de la Mer d’Iroise ; je ne suis pas allée à la pêche ; je n'ai pas assisté à un pardon… Avec les amis de Garonne, on s’est promis de revenir l’an prochain.

Kenavo, adishatz. A l’an que ven.

Au revoir les BretonsAu revoir les Bretons
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Au revoir les Bretons

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