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Alexandre Mielnikoff, un maître de la couleur nous a quittés

21 Avril 2015 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #coup de coeur

Adieu Alexandre Mielnikoff,

Ses tableaux étaient aussi soignés que sa personne, à moins que ce ne soit sa personne qui soit aussi soignée que ses peintures. L’homme et le pinceau ne formaient qu’un seul et unique.

Alexandre Mielnikoff portait beau ; il fallait le voir lors des soirées d’Arts Ardèche Association, haute stature, barbe soignée, vêtu de son costume gris perle, nœud papillon et petit gilet, saluant les uns et les autres, expliquant inlassablement son art : comment il broyait ses pigments sur une plaque de marbre, selon une technique héritée du XVII° siècle, comment il encollait et préparait ses liants et vernis, pourquoi il juxtaposait parfois jusqu’à six couches de peinture…

Il nous a quitté ce mardi 14 avril, quelques jours avant son soixante quinzième anniversaire. Il s’est envolé la palette à la main, alors qu’il décorait une sorte de totem sur le tronc d’un arbre foudroyé, dans un beau jardin sauvage. Avait-il la préscience de sa mort ? Sûrement puisque la figure surgie, langue pendante, yeux exorbités ressemblait à s’y méprendre à la grande faucheuse. Lui d’ordinaire si réaliste dans son style s’est laissé aller à représenter une vision lugubre de son avenir, loin de ses habitudes. Puis, posant sa main sur sa poitrine, il s’est écroulé au pied d’un pommier en fleurs.

Ce russe orthodoxe de baptême, né en Lorraine a totalisé un nombre impressionnant de titres honorifiques, de médailles ; il a été l’invité d’honneur de beaucoup de villes tant dans les salons nationaux qu’internationaux.

Je me souviens d’une de ses natures mortes où figurait une grappe de groseilles éclaboussées de soleil, plus vraie que nature ; de ses paysages minutieusement peints d’où émanait une sensibilité propre à l’observateur qu’il était.

Un grand maître s’en est allé. Il repose au pays des oliviers, à Nyons, dans cette Drôme qu’il avait adoptée, sûrement pour sa lumière si particulière. Alexandre Mielnikoff nous laisse son héritage : des œuvres comme un morceau de son âme, des toiles à l’image de sa personne attachante et douce, cultivée et généreuse. Un pauvre réconfort face à son départ brutal, une trace de son passage.

Mon ami René Gaspin a dédié un poème à celui qu’il considère comme un alchimiste du beau, un maître de la couleur, hanté par le souvenir des peintres flamands.

Là-bas loin, près du fleuve Volga, l’ancrage de ses ancêtres, René demande à Alexandre :

Quel Dieu t’avait offert, au jour de ta naissance,

L’acuité de ces yeux que nous ne verrons plus ?

La discrète bonté qui marque les élus ?

Le présent intensif de ta haute prestance ?

Rembrandt et Rubens, ce jour, t’ouvrent leur porte,

En ce lieu mystérieux où l’Art est immortel.

Ils t’accueillent en ami, en leur sein fraternel.

Douce image de paix que le vent nous apporte.

Ton étoile là-haut scintille au firmament.

Ton œuvre survivra dans la beauté du monde.

Adieu donc, Alexandre.

Alexandre Mielnikoff nœud papillon et petit gilet...
Alexandre Mielnikoff nœud papillon et petit gilet...
Alexandre Mielnikoff nœud papillon et petit gilet...
Alexandre Mielnikoff nœud papillon et petit gilet...

Alexandre Mielnikoff nœud papillon et petit gilet...

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Commenter cet article

muriel 02/08/2015 18:56

Hommage à Alexandre

muriel 23/04/2015 09:36

Merveilleux, merci Nicole