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Drora, puisses-tu retrouver cette terre que tu as tant aimée

13 Janvier 2015 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #coup de coeur

Adieu Drora,

J’emprunte les phrases de Vincent qui lui rend hommage :

Drora s’est envolée le jour de l’Épiphanie : « rencontre-découverte » en Hébreu.  

« La lettre D est solide par sa verticale, drôle avec sa douceur, en majuscule, elle peut dodeliner.

R comme rousse, rarement je ne t’ai vu sans rire, râlant de temps en temps, il le fallait bien pour vite roucouler.

A : ton âme est parti un 6, 2 fois 3, la pleine lune. A tourné vers les Autres. Par Amour, avec angoisse, amitié, avec parfois de l’autorité, mais attentive et attentionnée. Il y a aussi celui qui chantera longtemps dans nos cœurs : le A de ton Accent joyeux empreint de musicalité qui appartient vraiment à tes origines, à ta source.

Drora, aux doubles origines latine et orthodoxe, était une nomade de savoir, de voir, de rencontrer, de connaître le monde presque entier en touriste : l’Inde en particulier ou en professionnelle : l’Afrique avec le Point Mulhouse, prélude du Point Afrique.

Entrepreneuse, elle l’a été avec la galerie, les cours d’hébreu, la bibliothèque de Saint-Montan, les livres qui l’ont accompagnée jusqu’à son dernier jour, les artistes.

Drora, l’oiseau roux, que les gens du pays avaient rebaptisée d’un nom plus commun, s’est endormie pendant sa sieste.

Comme les moineaux de sa terrasse, Drora était gourmande de tout : d’œuvres, d’originalité, de vodka, de bortsch.

À peine envolée, tu accueilles sans comprendre Cabu,  Wolinski, Charb et Tignous ... Les potes de Charlie vont s’occuper de toi, t’aider à retrouver tes racines, les tiens d’autrefois, tout ceux qui t’ont aimé. »

Drora et René se sont accompagnés pendant un bon demi siècle de rire et de souffrance. Dans les multiples pièces amarrées au pied du château de Saint-Montan, depuis les caves aux souvenirs où tout un bric-à-brac témoigne, jusqu’aux salons décorés d’objets de tous les continents, depuis les ateliers où René dessine, colle et bricole, jusqu’aux alcôves sous les solives, leur belle maison était toujours ouverte pour le cérémonial du thé, de la musique, de l’apéritif, du repas épicé. Là nous commentions nos dernières lectures, nos notes, nos existences, nos sorties.

Drora la musicienne est partie avec l’adagio du concerto pour piano N° 23 et le larghetto du N°27 de Mozart, avec le psaltérion et l’accordéon d’Agnès, avec, sur son dernier lit une couverture de roses tricotée par ses amies, amis.

  Nous étions partis en Inde avec Drora et René en 1998. Ce 17 janvier, je fêtais mes 46 ans à Trivandrum par un bain dans la mer tiède d’Oman et un magnifique coup de soleil.

Au paradis du Kérala, nous avons rencontré les shadus vêtu d’un orange éclatant, visité les temples de Sishundria, le palais du Rajah, la synagogue, assisté à un spectacle de Kathakali. En route vers Allepey et Cotayam, nous avons vogué sur les sampans, découvert les poivriers, la cardamone, les caféiers, les noix de cajou, le curcuma, les hévéas, les banians sacrés, le thé tchaï, les chapati et les superbes carrelets chinois de Cochin. 

Le Tamil Nadu, le Mandapa des mille colonnes, Madurai, les rizières, Tanjore, le temple de Brimadishvara, les lingams, les yonis, Tiruvayyaru, Pondichéry, Mahabalipuram, Kanchipuram, puis Madras, Dehli, Agra et son Taj Mahal, le fort de Gwalior, la recherche de l’abbé Dubois, Hanuman, Shiva, les cénotaphes…

À Orcha, des hommes procédaient à la toilette d’un éléphant réquisitionné pour le mariage du soir.

Khajuraho, puis Bénarés et le Gange : les ghats des masseurs, marchands de perroquets, barbiers, coiffeurs, vendeurs de beignets, le ghat aux crémations…    

L’avion pour le Koweït n’était pas au rendez-vous : sur le tarmac, les Américains déchargeaient le matériel lourd : la guerre du Golf démarrait…

Drora avait tout préparé minutieusement avant de nous entraîner dans ce périple en Inde : le plus beau voyage de ma vie.

Merci Drora, puisses-tu retrouver cette terre que tu as tant aimée.

René reste seul avec ses souvenirs, puissent-ils te donner la force de continuer sans ta moitié.   

Drora, puisses-tu retrouver cette terre que tu as tant aimée

Drora, puisses-tu retrouver cette terre que tu as tant aimée

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croukougnouche 15/01/2015 22:37

oohh, elle est superbe et pleine d'allant sur cette photo, Danièle /Drora!!