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"Les Grands Goulets" de Christian Watremez

10 Décembre 2014 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu

Les Grands Goulets, Christian Watremez

Les Pic sont républicains et huguenots de père en fils. Avec sa belle mule blanche, Antoine traverse le Vercors pour rejoindre l’école de médecine.

Vers Saint-Agnan-En-Vercors, il rencontre Claire des Barnoux qui pêche la truite. À Saint-Martin, Pierre atteint du croup se meurt. Antoine l’opère, le sauve, s’installe au pays pour quelques temps. À Pont-en-Royans où la population demande un chemin de grande communication N°10, Die/Pont-en-Royans qui passera par le Grand Goulet, Antoine séjourne trois ans.

Marius Glénat tient l’auberge où transitent les mulets acheminant le charbon de bois et le vin de la plaine. Arnaud le gitan mène sa couble.

Toise, le père de Claire a servi pendant des années Dominique Larrey le grand chirurgien. C’est là qu’il a recueilli Claire, dans un camp de romanichels, en Belgique.

1836, Direction Paris où Antoine rencontre Pierre Nouguès, modeste imprimeur, journaliste, excellent en orthographe, taquiné par Calliope. Il rencontre Auguste Blanqui, Alphonse de Lamartine et Daria Salviac : tous partisans de l’émancipation du peuple.

— Tu es  un républicain savant, pas un révolutionnaire, lui dit sa maîtresse Daria.

Lui le farouche athée, hébergé chez André François Guizot, ministre de l’instruction publique, hanté par les agents invisibles de la maladie s’intéresse à la grande épidémie de choléra de 1832. Blanqui prisonnier est incarcéré au mouroir du Mont Saint-Michel ; Guizot est nommé ambassadeur à Londres. Antoine le suit. C’est l’époque de Flora Tristan.

Antoine prend conscience de ce qu’il faut de peine et de misère pour faire vivre comme des dieux une petite minorité de privilégiés. Il se croit plus utile comme médecin que comme insurgé, tout en se rendant compte que les révolutions ne se font pas avec des médecins et des pansements mais par la force des armes et de baïonnettes, par la puissance de la pensée et de l’engagement.

1843, pour fuir la police de Louis-Philippe, Antoine est de retour au Barnoux où Claire lui offre un présent : son fils Henri.  Il s’embauche sur le chantier de la route en pleine réalisation.

1847, dans sa correspondance, Daria signe Dario pour brouiller les pistes : « le chômage, la pauvreté, la faim deviennent insupportables, alors que l’on va de scandales financiers en scandales financiers, que les riches arrogants et indifférents deviennent toujours plus riches. Nous devons maintenant œuvrer pour rallier le peuple à nos convictions. Quelle honte que cette conquête de l’Algérie ou la France se comporte de la pire manière, volant, pillant, tuant hommes, femmes et enfants par centaines, pour conquérir toujours plus de territoires, pour accroître la richesse de quelques-uns en dépossédant les habitants légitimes. L’Oranais, le Constantinois, la Kabylie : rien n’arrêtera Bugeaud le boucher ».

Antoine et son fils Henri adhérent à la société secrète. Arrêté, Antoine, transféré de Valence à Brest, est embarqué pour Cayenne : dix ans de travaux forcés. Il doit son salut à son talent de médecin, soignant le capitaine d’une fissure annale et à l’intervention de son père auprès de Guizot qui passe allégrement de gouvernements en gouvernements.

La route est finie depuis 1854 lorsqu’Antoine revient au pays.

À travers trois régimes politiques, l’insurrection dans le canton de La Chapelle, le soulèvement de 1851 dans la Drôme, la passion de la médecine, et quelques femmes d’exception, l’histoire incroyable de cette route aujourd’hui fermée. Pas du tout démodé. On se croirait en 2014, sous Hollande…

Ça me donne envie d’aller me balader dans le Vercors si proche. Merci Christian Watremez. 

Envie d’aller me balader dans le Vercors. http://commons.wikimedia.org/wiki/User:Calips

Envie d’aller me balader dans le Vercors. http://commons.wikimedia.org/wiki/User:Calips

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