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Un livre imbuvable : L’élégance du hérisson de Muriel Barbery,

27 Novembre 2014 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu

L’élégance du hérisson, Muriel Barbery,

J’avais essayé de lire ce livre lorsqu’il est sorti, affichant immédiatement un gros succès. J’avais renoncé, incapable d’apprécier la plume alambiquée de l’auteur, obligé de lire trois fois la même phrase avant d’en comprendre le sens.

J’ai réitéré au prétexte que L’Élégance du Hérisson a obtenu le prix des libraires. Surmontant, difficilement, mon aversion, j’ai avalé la potion amère. Je n’ai pas changé d’avis, ce livre est imbuvable.

Quelques exemples du style de Barbery : « Dans un monde où l’hubris du désir sera muselée pourra naître une organisation sociale neuve, lavée des luttes, des oppressions et des hiérarchies délétères.

Comme je suis rarement aimable, quoique toujours polie, on ne m’aime pas mais on me tolère tout de même parce que je corresponds si bien à que la croyance sociale a aggloméré en paradigme de la concierge d’immeuble que je suis un des multiples rouages qui font tourner la grande illusion universelle selon laquelle la vie a un sens qui peut être aisément déchiffré ».

Il est question de notre conatus, des kairos fulgurants, de Sabine Pallières qui mésuse de la ponctuation, du soumaintrain, de oui oui asthéniques, des différences sémantiques, de congruence, de dysphonie, de géronte, d’habitus social… et de bien d’autres mots savants parsemés comme des fleurs de bourrache sur une salade.

La fiction met deux femmes en scène : Paloma Josse et Renée Michel.

L’air japonais, Paloma Josse, douze ans, domiciliée au 7, rue de Grenelle dans un appartement de riches, va se suicider pour ses 13 ans ; elle traque les mouvements immobiles du monde et les instants qui meurent, n’aime pas sa mamie parce que c’est une sale vieille après avoir été une méchante jeune ; sa mère Solange a un adage comme toutes les dames socialistes : ne pas laisser sortir le chat et ne pas laisser entrer la concierge.

Renée Michel la concierge dont le greffier se nomme Léon parce que Tolstoï, se définit comme « dos voûté, taille épaisse, jambes courtes, pieds écartés, pilosité abondante, traits brouillés, sans contours ni grâce », se complait dans le rituel du thé qui a la vertu extraordinaire d’introduire dans l’absurdité de nos vies une brèche d’harmonie sereine.

Dans cet immeuble cossu où couve la haine, il a aussi Manuela Lopes, la Portugaise qui peaufine au coton-tige les chiottes dorées à la feuille qui, en dépit de cela, sont aussi malpropres et puantes que tout les gogues du monde parce que s’il est bien une chose que les riches partagent à leur corps défendant avec les pauvres, ce sont des intestins nauséabonds qui finissent toujours par se débarrasser quelque part de ce qui les empuantit. Et, Pierre Arthens, le critique gastronomique, un oligarque de la pire espèce ; Violette Grelier, gouvernante des Arthens, qui n’a jamais lu Marx, au motif qu’il ne figurait dans aucune liste de produits nettoyants pour argenterie de riches ; et aussi Sabine Pallières, fille d’une garce en manteau de fourrure harnachée de bijoux, qui fait partie du comité de lecture d’une très grande maison d’édition, femme d’un grand ponte de l’industrie d’armement, mère d’un crétin en duffle-coat vers sapin, qui après deux khâgnes et Sciences-Po, ira probablement  diffuser la médiocrité de ses petites pensées dans un cabinet ministériel de droite.  

Ozu Kakuro, à son arrivée au 7, rue de Grenelle, pense immédiatement que la concierge Renée Michel a l’élégance du hérisson.

Cette dernière est hantée par sa sœur Lisette qui a accouché d’un enfant qui a fait ce qu’on attendait de lui : mourir en trois heures, ce dont les parents ne se sont pas plus émus que s’ils avaient perdu une chèvre. Renée Michel en a conçu deux certitudes : vivent les forts et meurent les faibles. Lisette avait été belle et pauvre ; Renée intelligente et indigente, s’engage alors dans la voie du secret, tait ce qu’elle est, décide de l’autre monde ne jamais se mêler, pense que le camélia peut changer le destin.

Métamorphosée par une secousse d’amour tellurique bouleversant de fond en comble une existence subitement décongelée, la midinette quinquagénaire Renée Michel est méconnaissable.

Après une dernière pensée pour son compagnon Léon, l’outre obèse qui partage sa vie depuis dix ans, Renée s’apprête à quitter cinquante-quatre ans de désert affectif, de clandestinité, de haine pour un monde et pour une caste dont elle a fait les exutoires de ses futiles frustrations.

Enterrée sous une armature de mots savants, sous une charpente de longues phrases ampoulées, sous la gaine d’un vocabulaire archaïque, ce livre est rébarbatif. Comment les libraires ont-ils pu plébisciter un ouvrage aussi nauséabond, revêche et mal fagoté ?

Je ne lis plus les Goncourt depuis 1972, depuis L’épervier de Matheux ; désormais je ne lirais plus le prix des libraires.

désormais je ne lirais plus le prix des libraires.

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en savoir plus 05/12/2014 06:20

J'aime bien votre site internet , merci et bravo ! continuez comme ça !

Je me permet de mettre un lien vers mon site , n'hésitez pas à venir !

A trés bientot