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Escapade en Catalogne : Collioure, Cadaqués...

14 Septembre 2014 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #coup de coeur, #coup de geule

Escapade en Catalogne : Collioure, Cadaqués...

Tu as voulu voir Venise et on a vu Venise, chantait Brel.

Moi, j’ai voulu voir Collioure, « le joyau de la côte Vermeille, le dôme rose de son clocher, les plages de sa vieille ville, son château royal, son adorable port aux barques colorées, et sa lumière qui a séduit de nombreux peintres ».

Et j’ai vu Collioure !

Une ville banale aux maisons certes jaunes et ocre, aux ruelles escarpées, aux restaurants qui pullulent, aux touristes qui déambulent, aux baigneurs accumulés sur l’unique plage à côté des pots d’échappement.

Je n’ai pas douillé pour pisser parce que j’avais pris mes précautions, sinon j’aurais déboursé.

Collioure c’est Saint-Tropez, c’est Vallon Pont d’Arc puissance 20.

Heureusement les viticulteurs descendaient des montagnes où ils avaient vendangé avec des hôtes, et venaient décharger à la cave coopérative ; nous avons pu échanger quelques mots avec eux…

Cette touche d’activité paysanne à travers la masse des passants cosmopolites m’a apporté un peu de sérénité. Au port de pêche, pas l’ombre d’un pêcheur au point que je me demande d’où viennent les célèbres anchois de Collioure… (en fait les anchois sont uniquement transformés à Collioure)

Dans le cimetière désert, lieu d’inspiration sans fin pour moi, je découvre la tombe d’Antonio Machado recouverte de fleurs fraîches.

Plus loin, après Port Vendres, le site de l’anse de Paulilles, ancienne friche industrielle d’une fabrique de dynamite fermé en 1984. Des cheminées de brique attestent de l’histoire industrielle catalane ; un atelier de restauration de barques, la maison du site avec des expositions et par l’allée des platanes arrivée sur la plage tranquille bordée de pins maritimes odorants tourmentés et par les vignobles qui habillent les rondeurs des contreforts des Albères : un endroit sympathique.

Nous avions retenu une chambre d’hôtes, L’Olivette des Albères, à Saint-André, loin des touristes. Surprise : la patronne n'est pas catalane ! Nous lui avons appris qu’elle vivait en Catalogne : elle l’ignorait. Les castels ? Elle n’en avait jamais entendu parler ! La Diada, encore moins.

Les chambres, dans un bâtiment isolé des propriétaires, semblent livrer le client à lui même.

Dans un coin une série de prospectus : servez-vous !

Le matin, notre hôtesse, au demeurant fort agréable, nous prépare du café, du pain frais et de la confiture « maison ».

Il ne faut pas aller en Catalogne sans être logé par des gens amoureux de leur pays et de leur culture. Une simple question de bon sens.

Au demeurant Saint-André est un village propre et bien fleuri, sans charme particulier, hormis son église romane dont le linteau de la porte est surmonté d’une pierre avec apôtres, anges et Christ en majesté ; sur la façade des bêtes fantastiques médiévales, des anges soufflant dans des olifants.

Le Jardin des Simples mérite vraiment le détours : c’est un superbe restaurant à la nourriture recherchée, délicieuse et à l’accueil irréprochable. Pour passer un moment agréable, "La Cave" est là.

À Figueras (Figuerés), le théâtre-musée Dali nous a remonté le moral. La ville est belle, surtout à l’approche de la Diada où les drapeaux indépendantistes catalans, cousins des Provençaux, flottent sur les façades.

Les œuvres de Salvador Dalí se succèdent dans une multitude de salles, et sur plusieurs étages, depuis ses débuts jusqu’à ses créations surréalistes, depuis le cubisme jusqu’à la sculpture. Son village de Cadaqués, le pain et son symbolisme (inoubliable pour un couple de boulanger…), ses montages avec un canapé en forme de bouche, ses bijoux, ses montres intitulées la persistance de la mémoire, ses éléphants aux grandes pattes filiformes, son Abraham Lincoln caché derrière les fesses de Gala…

L’hôtel Duran à Figuerés, la deuxième maison de Dali, a conservé intacte la salle où il venait rencontrer ses amis, un passage sur la Rambla (place couvrant le ruisseau en méditerranée), la maison natale du maître en surréalisme, la tour Galatéa un édifice néoclassique décoré avec des œufs gigantesques. L’église gothique Sant-Pere, du XIVe siècle, dont le clocher domine la ville, la Plaça de Catalunya, le musée du jouet, le musée de l’Empordà… Il y a de quoi faire dans la vieille ville, ornée des élucubrations du grand maître.

Gala, la muse de Dali est enterré au château de Pùbol tandis que lui repose sous le dôme de son théâtre.

À Cadaqués, joli village soit disant village de pêcheurs, pas l’ombre d’un marin seulement des bateaux de plaisance et des voiliers, des restaurants à foison, avec un majordome qui racole à l’entrée, dont le S’Estrop où on a payé 1 € trois pauvres tartines de pain et où l’eau du robinet est déclarée inapte à la consommation !

Heureusement il y a l’église Sainte Maria et son retable baroque de la vierge de l’espérance : du jamais vu ! Et la maison de Gabrielle qui soigne les chats du port et vit avec une trentaine de félins ; la maison natale de Dali ; la maison Serinyana à la façade décorée de mosaïques marque le regard : c’est un édifice construit pendant l’époque des indiens, quand les Catalans de retour au terroir ont construit chez eux des maisons exotiques.

Cadaqués éblouissait sous le soleil encore estival.

Dans une ruelle, ne payant pas de mine, la boutique de Joan Vehi Serinyana : un homme à l’âge avancé, plein de sagesse, très discret, un menuisier-photographe, ami intime de la famille Dali. Dans son très beau livre Dali, Cadaqués, des photos noir et blanc immortalisent le Dali intime, loin du bizness et des caméras. Dans sa galerie décorée de photos, une collection d’appareils photos unique en son genre ; dans un meuble, rangée soigneusement par année, ses planches contact : Joan Vehi ou le travail de toute une vie.

Je n’ai pas trouvé la crique naturiste indiquée par l’office du tourisme malgré une longue marche sous un soleil de plomb… Et pour finir, la note épicée de l’unique parking : 17,25 € pour 5 heures de stationnement !

A méditer avant de s'aventurer dans cette règion...

Dali, Machado, Vehi.... Cadaqués
Dali, Machado, Vehi.... Cadaqués
Dali, Machado, Vehi.... Cadaqués
Dali, Machado, Vehi.... Cadaqués

Dali, Machado, Vehi.... Cadaqués

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Annie 18/12/2015 20:42

Bonjour!
Très bel article. Sur ce, c’est un blog d’une très grande qualité, tout y est bien expliqué de façon limpide.
Cadaqués est vraiment un superbe endroit..
Merci!

La Vieille Marmotte 14/09/2014 12:10

En effet,les anchois ne sont pas plus de Collioure que les pruneaux ne sont d'Agen !