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"Juste une ombre" de Karine Giebel

27 Juin 2013 , Rédigé par Nicole Faucon-Pellet Publié dans #j'ai lu

Karine Giebel, Juste Une Ombre

Cloé est sur le point de franchir le dernier barreau de l’échelle : devenir directrice de la filiale française d’une holding de marketing et publicité. D’une grande beauté, elle sort d’une histoire de violence conjugale qui l’a traumatisée. Personne ne connaît ses failles ; elle a su ériger un blindage à toute épreuve, se méfie de tout, de tout le monde, pour éviter les échecs et éviter de se briser sur les écueils.

Le commandant Alexandre Gomez est du même acabit : une sensibilité à fleur de peau cachée sous un caractère austère ; Sophie, sa femme n’en finit pas d’agoniser sur son lit médicalisé. Gomez voudrait mourir : « On vient au monde sans l’avoir demandé, on va à la mort sans l’avoir choisi. Pas la peine d’en rajouter ». Le soir, il s’allonge à côté de Sophie. « Le lit est vraiment trop étroit. Ils n’ont pas encore songé à fabriquer des lits médicalisés en 140. Comme si la maladie interdisait l’amour ».

Gomez forme le lieutenant Laval, un gamin qui lui voue une admiration sans fin.

Cloé est poursuivi par un homme habillé de noir, capuche sur la tête, lunette noire, écharpe sur la bouche. Il fait irruption à tout moment : dans la rue, dans sa maison, derrière sa voiture… Il veut la détruire lentement, jour après jour, morceau après morceau.

Cloé aime Bertrand mais l’amour est une faiblesse qui peut coûter cher. Elle est poursuivie par un cauchemar : un rire d’enfant, un hurlement terrifiant, un corps qui tombe dans le vide et s’écrase à ses pieds… Cloé a peur. Dans son entourage, personne ne la prend au sérieux. Même Carole sa meilleure amie crie à la paranoïa. Les flics refusent de prendre sa plainte faute d’éléments tangibles : ni agression, ni violation de domicile, ni menace verbale ou écrite. L’ombre ne laisse aucune trace, jamais. Cloé se livre à toutes sortes de suppositions.

Sophie meurt, Gomez est anéanti. D’autant que sur la piste d’un truand, une bavure laisse Laval à deux doigts de la mort. Démis de ses fonctions, Gomez déprime malgré la jolie Valentine qui ne le laisse par indifférent…

L’ombre a décidé d’arracher les ailes de l’ange Cloé.

Cloé qui pense qu’elle a tué sa sœur Lisa tombée d’une poutre dans une usine désaffectée. Son sentiment de culpabilité ne l’a jamais quitté. Elle subtilise le révolver de son père victime d’un accident : sûrement l’ombre.

Carole a trouvé l’homme de sa vie, un nommé Quentin infirmier dans un hôpital psychiatrique marié et père de famille.

Gomez croise Cloé qui ressemble étrangement à Sophie. Perturbée, Cloé n’arrive plus à se concentrer. Philip Martin le directeur adjoint obtient le poste qu’elle convoitait. Bertrand la laisse tomber.

Karine Giebel joue avec mes nerfs, laisse entendre que Bertrand est l’ombre qui terrorise Cloé. « Il cherche une autre fleur à butiner. Puis à faucher. Il adore faire mal, plus que tout au monde. Gamin, il aimait arracher les ailes des papillons et les regarder collés au sol, se débattre et agoniser lentement. » Je suis sûre que l’auteur m’embarque sur une fausse piste, pourtant...

Cloé laisse tomber son amie Carole qui lui assure qu’elle est paranoïaque, lui conseille de voir un psy.

Gomez est le seul à croire Cloé. Il fait la relation avec Laura une femme qui s’est suicidée après avoir cherché, vainement, de l’aide. Laura prétendait être harcelée par une ombre. Il mène l’enquête tout en rendant visite régulièrement à Laval toujours dans le coma. Il lui parle, note dans un carnet l’évolution du malade et l’évolution de son enquête.

Cloé continue à paniquer. Virée de son boulot pour avoir giflé un client entreprenant, elle s’imagine que tout le monde jubile dans son dos. « Quand meurt le prédateur, le gibier exulte ! »

Gomez, garde du corps et amant de Cloé, démasque l’homme qui a mis un traceur sur la voiture de Cloé, qui l’a droguée au Ya Ba, a installé des caméras miniatures à son domicile. Mais il est trop tard. Gomez y laisse sa peau.

Perdant ses derniers repères, Cloé tue Bertrand et Phillip, s’apprête à assassiner sa sœur avant de se suicider. Arrêtée, jugée, considérée comme une aliénée, enfermée, elle reconnaît un parfum boisé, légèrement musqué, prend conscience que l’ombre l’a suivie dans sa dernière demeure, qu’elle a tué deux innocents.

Elle n’y survivra pas.

Sorti du coma, Laval a lu le carnet laissé par Gomez. Malgré son infirmité il sauvera Valentine, la troisième proie de l’ombre.

Mais qui est l’ombre ?

Vous le découvrirez en lisant ce Juste Une Ombre de la terrible, l’irrésistible, l’envoûtante Karine Giebel. 500 pages de bonheur.

Au fait, celui-là aussi je l’ai lu deux fois !

Karine Giebel, 500 pages de bonheur.

Karine Giebel, 500 pages de bonheur.

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louanchi 29/06/2013 09:33

lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news

En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler.

35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.

Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)

Interview du 26 mars 2012 sur radio-alpes.net